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mercredi 2 mai 2018

La famille parfaite existe-t-elle ?..

Biarritz, la Réunion, sea, surf and sun, Thadée et Zachée ont la jeunesse et la vie devant eux... Bon, bien sûr, c'était sans compter sur le requin.
Car il suffit de peu de choses pour écailler le vernis de la famille parfaite !

Dans ce roman choral, Rebecca LIGHIERI, pseudonyme d'Emmanuelle BAYAMACK-TAM, nous dévoile la face sombre de toutes les familles, les secrets que chacun croit bien cacher, ceux que tout le monde a percé sans que personne ne l'avoue. Et puis bien sûr, les sentiments et ressentiments de ces êtres censés s'aimer quoi qu'il arrive, sans retenue. Mais la biologie ne fait pas tout...
Rebecca LIGHIERI dresse un portrait réaliste, sans concession et nous tient en haleine jusqu'au bout du suspense car, après tout, dans une famille, tout peut arriver !

Les Garçons de l'été est le roman idéal pour les longs week-ends de mai qui s'annoncent, les beaux jours à venir, les vacances d'été, et plus si affinités !
Sur la plage, attention quand même aux requins...

Et si vous êtes convaincu-e-s, pourquoi ne pas découvrir l'autre Emmanuelle BAYAMACK-TAM avec Si tout n'a pas péri avec mon innocence, également disponible chez P.O.L. (19,50€) et chez Folio (7,80€).



Les Garçons de l'été, Rebecca LIGHIERI, éditions P.O.L., 19 euros et éditions Folio, 8,30 euros.

mercredi 25 avril 2018

Déambulations gourmandes et citadines !

Un drôle de petit livre que nous propose là les éditions Sabine WESPIESER !..


Etienne AUGOYARD, Lyonnais exilé depuis quelques décennies, revient dans sa région natale pour réaliser un feuilleton sur les Mères pour le Progrès de Lyon.
Au détour des archives et des rencontres, nous découvrons les vies romanesques de ces cuisinières et entrepreneuses visionnaires, parfois injustement oubliées.
Le narrateur, un peu rêveur, nous entraîne aussi dans les rues du "vieux" Lyon, des traboules de la presqu'île aux pentes de la Croix-Rousse, et nous met l'eau à la bouche avec des recettes typiques ou originales.

Nous on a adoré ! Ça nous a donné envie de (re)partir déambuler à Lyon au plus vite !

(Et au passage, si vous êtes vous aussi pris d'une violente envie de filer vers la Capitale des Gaules, on vous conseille d'aller prendre le goûter en terrasse chez Terre Adélice, puisque le temps s'y prête !)

Mangées, Une histoire des mères lyonnaises,
Catherine SIMON, éditions Sabine WESPIESER, 21 euros.

vendredi 16 mars 2018

Rattrapage en poche !

Si vous les aviez raté (comme moi) lors de leur sortie, voici le moment de vous rattraper avec la sortie en poche de deux romans extraordinaires !


J'ai d'abord lu les Furies, un roman sorti en janvier 2017 aux éditions de l'Olivier. Il a connu un succès international quand Barack Obama a déclaré que c'est l'un des romans qui l'a le plus marqué ces dernières années, et c'est amplement mérité !

Il s'agit en effet d'un roman fascinant. Son titre en version originale, Fates & Furies, évoque parfaitement la dualité ce roman, qui retrace le mariage de Lancelot et Mathilde: leur rencontre flamboyante, leurs déboires, leur ascension... d'abord du point de vue de Lancelot, puis de celui de Mathilde.

Impossible d'en dire trop car cela gâcherait l'intrigue, mais croyez-moi sur parole, ce livre ne vous laissera pas indifférent ! L'écriture, dès les premières pages, nous captive, la deuxième partie du roman vient compléter à merveille la première, tout en nous coupant le souffle. 

C'est A LIRE !



New York Odyssée est sorti en grand format aux éditions Rue Fromentin, qui est mon éditeur chouchou depuis sa première parution en 2012. Jamais déçue, je me suis plongée dans ce roman chorale à l'américaine comme je les adore. 

L'histoire n'est pas très gaie: Irene n'a même pas trente ans lorsqu'on lui diagnostique un cancer. Indépendante depuis le début de sa vie d'adulte, elle ne dit rien au départ à ses amis, de peur de les blesser, ne voulant pas être traitée différemment. Mais la maladie s'installe, ainsi que le rythme des traitements et le groupe organise très vite sa vie autour du cancer d'Irene. Au fil de la lecture, nous faisons connaissance avec les personnages, s'attachant inévitablement à eux - la partie que je préfère ! 

C'est un roman fort et émouvant qui, malgré ses ressemblances avec d'autres livres du genre (Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt ou Les Intéressants de Meg Wolitzer par exemple), réussit à se différencier et à se faire une place durable dans notre coeur. Une très belle découverte !


Les Furies, de Lauren Groff, aux éditions Points, 8.50 euros.
New York Odyssée, de Kristopher Jansma, aux éditions Le Livre de Poche. 8.90 euros. 

mercredi 21 février 2018

Moment d'intensité avec Delphine de Vigan



Les Loyautés est un de ces romans qui vous obsèdent, qui créent une atmosphère dont vous aurez bien du mal à vous défaire tant que vous ne l'aurez pas terminé.

Delphine de Vigan revient après D'Après une histoire vraie, un roman dont elle était l'héroïne, qui mêlait réalité et fiction. Ici, l'autrice laisse de côté son histoire personnelle et familiale car il s'agit bien ici d'un roman où les personnages sont imaginaires.


Hélène est professeure au collège. Elle s'inquiète pour un de ses élèves et finit par se persuader qu'il est victime de violences familiales. Le roman se construit autour de ce point de départ et se glisse à tour de rôle dans la vie des différents personnages. Chacun a ses inquiétudes, ses rêves brisés, ses colères. 

Delphine de Vigan a souhaité avec ce nouveau roman revenir à une histoire plus dense et intense, un roman qu'on aurait envie de lire d'une traite - et c'est le cas. Très différent des ses deux derniers romans, les Loyautés traite de sujets de société tels que les violences familiales et l'alcoolisme chez les adolescents. Pourtant, le thème principal du roman reste l'un des plus propres à l'autrice: l'intimité. Même si la tension monte au fil des pages, nous apprenons surtout plus sur chacun de personnages et leurs aspirations. Delphine de Vigan s'interroge tout au long du livre: qu'est ce que la loyauté ? Y a-t-il plusieurs loyautés, comme le suggère le titre ? C'est en creusant au plus de près de ses héros et héroïnes qu'elle semble trouver la réponse. (A vous de lire pour le savoir !)

Les Loyautés, Delphine de Vigan, éditions JC Lattes. 17 euros. 


mercredi 7 février 2018

Coup de cœur : hamster et psychologue

" Oh lala non mais oh lala !" Voilà les mots qui résonne dans ma tête à la lecture de Sauveur & Fils, saison 1, 2, 3 et 4. Oh lala que de talent, d'intrigues bien menées, de beaux sentiments, de pensées bien formulées... Véritable coup de génie de Marie-Aude Mural, cette série s'adresse aux ados dès 13 ans et aux adultes.





Elle relate l'histoire de Sauveur, psychologue d'origine martiniquaise travaillant à Orléans. Veuf, il est l'heureux papa de Lazare, un garçon vif et intelligent. Sauveur reçoit ses patients (enfants, ados, adultes ; seul ou en famille) dans son cabinet, attenant à sa maison. Parfois Lazare écoute aux portes... Nous, on suit chaque consultation et la vie quotidienne de Sauveur le bien nommé.



Une galerie de personnage se présente à son cabinet, de l'ado suicidaire à la phobique scolaire en passant par le geek asocial ou les parents en reconversion amoureuse, Sauveur en voit des vertes, mais surtout des pas mûres ! On s'attache à (presque) tout le monde et on enchaîne les chapitres comme si notre vie en dépendait, à l’affût d'un percept psychologique qui pourrait s'appliquer à notre situation... 





Doux, amer, réaliste chaque tome est une friandise et le tout jeune quatrième tome m'emplit d'un sentiment ambivalent : déjà tout lu mais la fin indique clairement une suite, vite vite ! 













Et merci, Marie-Aude Murail !!

vendredi 19 janvier 2018

Françoise Sagan forever

Pour célébrer cette nouvelle année, partons du bon pied avec le retour du classique du mois !

Vous souvenez-vous de cette rubrique ? Un peu délaissée avec l'arrivée de l'été, les manuels scolaires et compagnie, elle revient aujourd'hui avec une lecture à savourer au chaud, sous un plaid. De quoi enchanter ce week-end !

Et qui de mieux que Françoise Sagan pour cela ? L'autrice, célèbre pour avoir écrit Bonjour tristesse à dix-huit ans, a toujours fasciné par son mode de vie, son allure ou son goût pour la vitesse et les casinos. Son oeuvre, riche de romans, de pièces de théâtre et d'articles de presse fait partie intégrante du patrimoine littéraire français. 
Pour l'anecdote, sachez que Françoise Sagan a grandi dans le quartier, au 167, boulevard Malesherbes, et a fréquenté le collège Sainte Ursule-Louise de Bettignies.


Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir Je ne renie rien, une compilation d'entretiens donnés entre 1954 (année de parution de Bonjour tristesse) et 1992. L'autrice répond à des questions sur la vie, l'amour, la littérature et raconte son enfance, le succès soudain, les accidents de la vie, les problèmes financiers... Chacune de ses réponses est un délice pour le lecteur et c'est un livre qu'on peut picorer pour en savourer le charme et l'humour. On y trouvera aussi une modernité folle et un écho à nos propres problèmes contemporains. 




Voici par exemple ce qu'on peut y lire: 

« C'est uniquement en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts, ses fureurs, que l'ont peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien un tout petit peu, ce que c'est que la vie. »

« Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre mon temps, perdre mon temps, vivre à contretemps. »

« Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles : les accidents de voiture, les séjours à l'hôpital, les chagrins d'amour. Mais je ne renie rien. »

Le texte est adapté au théâtre en ce moment par Alex Lutz, joué par Caroline Loeb, au théâtre du Marais. Courez-y ! 
Caroline Loeb incarne à la perfection l'icône Sagan, tant dans la diction que dans l'apparence. Elle donne vie à ce texte si particulier qui saura sans aucun doute vous toucher!

Françoise par Sagan, théâtre du Marais à Paris, jusqu'au 26 mars 2018.

Je ne renie rien, Françoise Sagan, le Livre de Poche, 6.60 euros. 



mercredi 10 janvier 2018

Coup de coeur : le transhumanisme, tout le monde en parle

Je crois que j'en ai entendu parler pour la première fois il y a deux ans. Le transhumanisme ; le futur de l'humanité. J'ai été tout de suite horrifiée, choquée, abasourdie. Depuis, l'idée n'a cessé de grandir dans mon esprit et bien sûr, dans le monde éditorial. Lorsque j'ai appris que le nouveau roman de Frédéric Beigbeder abordait le sujet j'ai pensé "si même lui en parle, le concept devient grand publique". Après deux essais voici donc le retour de Beigbeder, en forme et dans ce qu'il fait de mieux : le roman de non-fiction. Ici, il devient science-non-fiction.

Au début de l'histoire, ses parents sont à l'hôpital et l'auteur ne peux se résoudre à avouer à sa fille que nous somme tous voués à mourir un jour. Il décide donc de braver la mort et de partir en quête d'antidotes. De Paris à Los Angeles en passant par Jérusalem ou Genève, le voyage est long et fastidieux.

Sa prose nous emmène dès les premières lignes dans lesquelles il nous précise que "tous les noms de personnes ou d'entreprises, adresse, découvertes, start-ups, machines, médicaments et établissements cliniques mentionnés existent bel et bien". Une réflexion autour de la vie éternelle sous forme de roman, un plaisir de lecture qui fait froid dans le dos.



mercredi 24 mai 2017

Coup de cœur : Quoi de plus que la vie

Si vous ne l'avez toujours pas lu, la sortie au format poche de l'Art de la joie est un excellent prétexte pour découvrir ce chef-d'oeuvre, publié chez le Tripode. Parce qu'un livre aussi beau que gros (plus de 700 pages en poche), c'est plutôt rare, on vous conseille vivement de prendre le temps de le (re)découvrir !


L'art de la joie pourrait se résumer comme ceci : "le destin d'une pauvre sicilienne née le 1er janvier 1900". Il peut aussi se résumer par "un des plus beaux livres que vous lirez dans votre vie". Et je pèse mes mots. Partez donc à la rencontre de Modesta, héroïne au fort caractère qui saura sortir volontairement ou non des situations de la vie qui ne lui conviennent pas. De pauvreté à richesse, d'ignorance à savoir, de solitude à compagnie, Modesta évolue sans cesse.

Goliarda Sapienza, l'auteure était italienne et bien évidemment toute aussi fascinante que l'héroïne de son roman. Morte à 72 ans en 1996, elle a mis presque dix ans pour écrire l'Art de la joie. Traduite de façon posthume en France, son roman est reconnu comme une oeuvre majeure de la littérature italienne !
Je n'ai pas tellement envie de vous dévoiler plus d'information sur l'histoire de Modesta mais sachez que si vous aimez les femmes fortes, les histoires d'amour, la vie et la nature ce livre est pour vous ! 



Avec sa langue si poétique, ses dialogues foisonnants et ses personnages attachants, l'Art de la joie est une oeuvre à relire plusieurs fois au cours de sa vie pour en apprécier toutes les subtilités.



L'art de la joie, publié chez Le Tripode et écrit par Goliarda Sapienza - 14.50€

mercredi 17 mai 2017

Encore un roman américain coup de cœur !





Eva Thorvald est un prodige de la cuisine. Au sommet de sa gloire, elle organise des dîners à 5000 dollars dans des lieux grandioses en pleine nature. Le menu et le décor sont tenus secrets, la liste d'attente est de plusieurs années.

Pourtant quand le livre commence, Eva n'est même pas née. On rencontre son père, célibataire endurci qui rencontre la femme de sa vie peu avant ses trente ans. Eva naît et quelques mois plus tard, sa mère s'enfuit, laissant Lars et Eva Thorvald livrés à eux-mêmes. Lars veut à tout prix donner à sa fille le goût des bonnes choses et être toujours présent pour elle. Malheureusement, il meurt d'une crise cardiaque alors qu'Eva n'est qu'un bébé...

Le chapitre suivant nous présente une Eva âgée d'une dizaine d'années, qui croit que son oncle et sa tante sont ses parents. Elle cultive à cet âge-là des piments dans son placard et a quelques problèmes à l'école. Tout le reste du livre nous montrera Eva à des étapes différentes de sa vie et le chemin qui la conduira au succès. 

Le point original du roman réside dans le fait que l'histoire n'est pas racontée du point de vue d'Eva, le personnage principal, mais par des personnes qu'elle rencontre tout au long de sa vie. En tout, neuf points de vue nous permettent de connaître Eva: le flirt, la cousine, la copine jalouse... et chacun nous dévoile une fêlure supplémentaire de sa vie. 

Cette construction fait des Cuisines du Grand Midwest un roman choral à l'américaine comme on les adore ! Des portraits croisés, ce moment magnifique où les histoires se rejoignent... C'est à peu près tout ce que j'aime dans un roman. 

Difficile de ne pas plonger immédiatement dedans et s'attacher à ces personnages si réels ! Ce roman est un vrai coup de coeur que je vous recommande les yeux fermés. 

Encore une fois (et comme toujours en fait !), les éditions Rue Fromentin nous proposent un superbe roman de qualité ! 

Les Cuisines du Grand Midwest, de J. Ryan Stradal, publié aux éditions Rue Fromentin. 22 euros. 

mercredi 19 avril 2017

Le classique du mois #4 : Caligula

Ce mois-ci, une pièce de théâtre du grand Camus. Caligula est en 4 actes, et fut publié pour la première fois en 1944. Dans cette tragédie, Albert Camus nous offre un jeune homme plus tourmenté que jamais.

Caligula est empereur de Rome mais lorsque sa sœur et maîtresse Drusilla meurt il se rends compte que le monde ne lui convient pas. Il disparaît pendant trois ans et revient obsédé, en quête de l'impossible. Il devient tyrannique, cruel et pervers : tourmentant son entourage, assassinant sans sourciller, Caligula s'éloigne de tous et ne trouvant plus le sommeil, sombre dans des réflexions sans fin.




Ne comprenant que très tard que l'homme n'est pas un animal solitaire, ce sombre héros connaîtra plus de tristesse que les suivants dont il a fait tuer la famille.

Au cours de la lecture, impossible de ne pas se prendre d'affection pour Caligula. Si triste et désespéré face à un monde qui ne lui convient pas. Lui, grand rêveur, souhaite seulement la liberté, la lune, le bonheur, l'immortalité. Mettre dans la confidence un des patriciens ne l'aidera pas, haïr tous ceux qui l'entourent non plus. Nous assistons à sa chute sans pouvoir intervenir et si sa fin semble inévitable, son salut aurait été préférable.

Lire Caligula aujourd'hui, c'est lire du théâtre antique. Pas si courant dans notre quotidien et ô combien majestueux. 

Dans l'éditions que nous vous proposons, est aussi présent la pièce Le malentendu. Il s'agit d'une pièce en trois actes datant de 1944 également. Moins de personnages (seulement cinq) mais tout autant de drames, dans le registre familial. Une pièce qui nous accroche dès la première replique et qui se dessine parfaitement au fil des mots.


Gérard Philippe interprétant Caligula au théâtre

Caligula suivi de Le malentendu, Albert Camus publié chez Folio - 7.20€

mercredi 29 mars 2017

Coup de cœur : Goolirck,encore et toujours

Hourra, les éditions Anne Carrière publient le nouveau roman de Robert Goolrick ! Découvert chez nous avec Arrive un vagabond, adoré avec La chute des princes et Féroces, l'américain fait partie de nos auteurs fétiches. Aujourd'hui, il nous offre une histoire qui se déroule au XXème siècle. Est-ce une histoire d'amour ? D'argent ? De désespoir ? Un peu de tout ça. Brillamment écrit évidemment !

Voici l'histoire de Diana Cooke, née en 1900 dans une maison magnifique, issue d'une grande et vieille famille du Sud des États-Unis. Malheureusement, sa famille est couverte de dettes et le seul moyen pour ses parents de sauver leur honneur est de sacrifier leur fille. Diana sera donc mariée, avant ses vingt ans à un certain Capitain Copperton, richissime mondain. Sauvant sa famille, la jeune fille s'assure un futur triste à en mourir malgré les fêtes incroyables dont elle profite.

Après l'incendie ne s'arrête pas là, et va chercher des sentiments beaucoup plus profonds que l'amour frustré. Robert Goolrick n'a pas son pareil pour faire peser une tension au fil des pages. Il règne toujours un climat tendu, on s'attends au drame, qui arrive en temps voulu.

Le clou du spectacle : une nouvelle inédite en France dans laquelle il partage une année de sa jeunesse. Enfant des 50's Robert Goolrick s'attache aux outsiders et le portrait qu'il nous fait de trois de ses amies en témoigne.

Après l'incendie, de Robert Goolrick aux éditions Anne Carrière - 22€



vendredi 24 mars 2017

Coup de coeur : Poupée iranienne

Ces dernières années connaissent un essor de littérature iranienne. Notamment depuis Persepolis de Marjanne Satrapi en 2002, récemment il y a eu Désorientale de Négar Djavadi et aujourd'hui Marx et la poupée de Maryam Madjidi. Les éditions du Nouvel Attila nous offrent ce magnifique roman !


Tout commence dans le ventre de la mère, pendant la révolution iranienne. Maryam entend parler de communisme, de fabrication des tracts, et assiste à de violente manifestations. Six après sa naissance, ses parents n'en peuvent plus. Tous les trois se réfugient en France, pays de la liberté d'expression. Maryam et ses parents découvrent ce pays et essaient tant bien que mal de se fondre dans le décor.

La jeune femme va étudier, voyager, enseigner. Au fil des pages on en apprends plus sur le sentiment de différence qu'un(e) éxilé(e) peut ressentir, sur la relation d'amour/haine qui peut exister entre deux cultures. Entre souvenirs et espoir Maryam Madjidi nous touche, son écriture poétique, onirique, drôle et sensible nous fait sourire et pleurer. On tremble, on se réjouit. On ne le lâche plus et on le conseille plus que vivement !!

samedi 18 mars 2017

Le classique du mois #3 Un lieu à soi, de Virginia Woolf



Écrit en 1928, A Room of one's own, d'abord traduit Une chambre à soi par Clara Malraux, est une série de conférences données par Virginia Woolf à l'Université de Cambridge.


Sorti en janvier 2016, l'édition que nous vous proposons ce mois-ci est une nouvelle traduction de Marie Darrieussecq, autrice française. (Eh oui ce terme d'autrice peut vous choquer mais il est malgré tout aujourd'hui revendiqué par de nombreuses écrivaines et était en vigueur au XVIe siècle !). En effet, Marie Darrieussecq s'est penchée sur ce texte et a tenté de le moderniser et de lui apporter plus de justesse. Cela commence par le titre: a room ne veut pas dire une chambre en français, mais bien une pièce. Dans son introduction, l'autrice explique que "pièce à soi" aurait été malheureux en français, tout comme "un endroit à soi". Elle a donc finalement opté pour "lieu", qui met en valeur l'idée originelle de Virginia Woolf: une femme a besoin d'un lieu bien à elle pour écrire. Car ce lieu peut prendre la forme qu'il veut: un bureau, un studio, un atelier d'écriture en ville... Mais pas une chambre qui a déjà sa fonction de pièce et qui réduit l'importance de l'activité d'écrire. 

C'est autour de cette idée principale que l'essai se construit, plus le fait qu'une autrice a besoin d'argent pour être libre de pratiquer son activité. 
Virginia Woolf l'explique avec humour dans son essai que l'on peut même qualifier de pamphlétaire. Celui-ci est composé de six chapitres dans lesquels nous suivons le fil de la pensée de l'autrice. Elle commence à nous dire (car ce texte est très oral, du fait qu'il s'agisse de conférences) qu'on lui a demandé de parler des Femmes et de la fiction, et que ce thème l'a amenée à se poser une multitude de questions: pourquoi les hommes boivent-ils du vin à table et les femmes de l'eau ? Pourquoi les auteurs sont-ils si fascinés par les femmes quand les autrices ne parlent presque jamais d'hommes dans leurs textes ? Et ainsi de suite jusqu'à une réflexion très poussée sur la condition des femmes.


Pourquoi le(re)lire ? Un lieu à soi est considéré comme un des essais majeurs du féminisme. Outre le fait que Virginia Woolf est en soi une autrice que tout le monde devrait lire (en toute objectivité), le choix de ce texte permet de comprendre la pensée d'une femme en 1928 sur la situation de ses semblables, les difficultés qui existaient alors pour vivre de son activité d'écrivaine mais surtout les échos qu'on retrouve aujourd'hui sur la place des femmes dans la société, le monde du travail ou le monde des artistes. Ce texte frais et incisif est toujours d'actualité à bien des égards et mérite pleinement votre attention !


Bonne lecture !



samedi 11 mars 2017

Coup de cœur : art et énigmes existentielles

Grâce à la Maison de la Poésie, nous pouvons aujourd'hui vous présenter un livre ET une auteure, de façon spéciale. Niña Weijers y était en effet invitée pour promouvoir son premier roman, Les conséquences le mardi 21 février. Étaient également présent, Marie Darrieussecq et Christophe Ono-Dit-Biot pour alimenter une discussion autour de l'Art, du danger qu'il peut représenter et de sa place dans les médias, celle des femmes, de la disparition des corps, et bien sûr, un peu de politique !


Niña Weijers, trentenaire néerlandaise est très souriante. Un peu intimidée et vêtue d'une robe fleurie, elle nous explique dans sa langue que son premier roman comporte des éléments autobiographiques, et d'autres parfaitement inventés. L'auteure nous offre donc une vision d'Amsterdam encore inédite. Les conséquences, c'est l'histoire de Minnie Panis, jeune plasticienne à succès malgré elle. En vogue (et dans Vogue, mais ça c'est une autre histoire), Minnie se pose également beaucoup de questions sur la vie, les rôles que chacuns endossent et beaucoup d'autres choses. Lorsqu'elle reçoit une lettre étrange lui faisant part d'un traitement médical qu'elle aurait suivi autour de ses sept mais dont elle n'a aucun souvenir, le roman prends une autre tournure. Plus énigmatique, plus new-age.

Les conséquences aborde l'art, l'identité, l'amour, l'enfance. Ajoutez à cela de nombreuses références culturelles, des critiques construites et une langue maîtrisée qui font s’enchaîner les phrases sous nos yeux. À tel point que je me suis retrouvé plusieurs fois à relire une phrase, une page, pour en saisir l’ampleur, la beauté. C'est un premier roman, qui connais déjà un grand succès dans son pays natal, et on ne peut qu'être confiant quant à son accueil français !

J'ai terminé ma lecture le lundi soir. En rentrant chez moi le mardi, après la soirée donc, je n'avais qu'une envie : le relire ! Qu'attendez-vous ?






mercredi 1 février 2017

Coup de cœur : la violence au service de la poésie

Lire un livre d'Édouard Louis, ce n'est pas une mince affaire. Ce jeune auteur et sociologue français s'était fait connaître en 2014 avec un roman largement autobiographique ; En finir avec Eddy Bellegueule. Il a rencontré beaucoup de succès malgré la dureté de son histoire. Edouard Louis continue de réussir avec son deuxième roman, Histoire de la violence, publié comme son prédécesseur aux éditions du Seuil.

Même si Histoire de la violence porte bien son titre, il est difficile de savoir à quoi s'attendre lorsque l'on débute la lecture. Edouard Louis nous raconte son viol un soir de Noël. Enfin, il le fait majoritairement à travers le récit qu'en fait sa sœur, Clara, à son mari. Ainsi s'opposent deux langages : celui châtié d'Edouard Louis, en parisien qui se veut bourgeois et celui de sa sœur, plus familier, aux accents picards. Le récit prend un tournure particulière quand il est raconté par un personnage, et commenté par un autre. Il devient plus fort.



La structure du roman est bouleversante, tout comme les langues utilisées. La prose d'Edouard Louis est poétique et lumineuse. Même pour traiter un sujet si dur et si abjecte. Histoire de la violence est quelque chose de vrai, de fort, de dérangeant. Un certitude : Edouard Louis est un auteur à découvrir, à suivre, à lire.


Histoire de la violence, d'Edouard Louis aux éditions Seuil, 18€

samedi 28 janvier 2017

Coup de cœur : Drame familial en milieu aquatique

Après le choc que fut la découverte de Sukkwan Island, le premier roman de David Vann publié pour la première fois en 2010, je n'ai pas tout de suite osé aller vers ses autres écrits. Comme souvent après la découverte d'un bon auteur, il y a la crainte d'être déçu par un prochain récit ou l'envie d'en garder pour plus tard. Mais dès qu'Aquarium est arrivé à la librairie (en octobre) j'ai su qu'il était temps !


C'est l'histoire de Catlin, qui habite avec sa mère dans un modeste appartement de la banlieue de Seattle. La vie n'est pas toujours facile mais la jeune fille se réfugie à l'aquarium de la ville dès qu'elle le peut/doit, c'est-à-dire tous les soirs en attendant que sa mère termine son travail. Un soir, un vieil homme approche Catlin et le courant passe immédiatement. Chacun devinant que cette relation ne plairai pas trop à sa mère, celle-ci n'entre pas dans la confidence. Jusqu'au jour où...




Dans une famille pleine de secrets, les conflits arrivent vite et peuvent rapidement s'aggraver. Catlin se trouve prise dans un tourbillon de soucis et de disputes qui, du haut de ses douze ans, la dépassent. La mère de Catlin est également dépassée bien sûr, la vie n'est pas facile pour cette mère célibataire et quand des surprises s'ajoutent au quotidien...

Anxiogène dès les premières pages, Aquarium est un roman très fort. On en ressort vidé mais satisfait d'avoir mis tant d'énergie à la lecture. Il y a des instants très violents, physiquement comme psychologiquement, sans qu'on s'y attende. Cependant de vrais moments de répit et de poésie s'installent lorsque les scènes se déroulent devant les bancs de poissons, loin de toute pression sociale ou agitations familiales et offrent une respiration. David Vann, génie ? Si vous en doutez c'est le moment de vous faire un avis !



samedi 21 janvier 2017

Inauguration d'une nouvelle catégorie avec Une année à la campagne !

L'année 2017 est riche en projets et nouveautés chez nous ! En plus du classique du mois, retrouvez une nouvelle rubrique : le fond de la bibliothèque !

Un rendez-vous sans prise de tête, au gré des envies et des coups de cœur qui vous permettra de découvrir des livres qui ne sont pas forcément récents mais qui ont tant à offrir !





Pour inaugurer cette catégorie, voici Une année à la campagne de Sue Hubbell, publié aux éditions Folio. (7.20 euros).

Ancienne bibliothécaire décidée à fuir la civilisation et son stress, Sue Hubbell est devenue apicultrice et vit dans une ferme isolée au cœur des Monts Ozark dans le Missouri.

Au fil des saisons elle nous raconte avec amour son métier et la vie des abeilles, ses amies qu'elle a appris à connaître intimement. Entre bricolage et récoltes, son quotidien est aussi rythmé par le climat franc du Missouri (chaleur torride en été, neige en hiver) et les événements qui organisent la vie locale: barbecues, pétitions pour empêcher la construction d'un barrage, baignades dans la rivière...

Elle nous parle aussi de ses plus proches voisins: tous les animaux sauvages et familiers qui l'entourent comme ses chiens et son chat mais aussi les abeilles, les oiseaux, d'espèces variées les papillons de nuit, les lynx, les araignées... Avec délicatesse et poésie, elle nous raconte des anecdotes très inattendues sur la faune et la flore qu'elle observe depuis plusieurs années et qui ont fini par lui livrer tous leurs secrets.

Ce livre nous fait découvrir une Amérique profonde et sauvage, une nature brute dans laquelle les Homme ont du apprendre à vivre. C'est aussi le quotidien d'une femme seule qui a dû de son côté apprendre à se débrouiller seule, sans homme pour l'épauler dans le bricolage ou le maniement de la tronçonneuse indispensable !

Ce très beau récit vous apportera le bol de nature dont nous avons tous tant besoin !


mardi 17 janvier 2017

Le classique du mois #1 : une autobiographie

Nous célébrons 2017 avec une nouvelle rubrique : le classique du mois ! Il s'agit de remettre un récit classique, paru en poche, au goût du jour. Aujourd'hui Simone de Beauvoir entre dans notre panthéon avec ses Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. Premier tome de son cycle autobiographique, constitué ensuite de La force d'âge, La force des choses et Tout compte fait, ce volume la suit du plus jeune âge jusqu'à ses vingt et un an.

Simone est née en 1908. Fille d'une famille bourgeoise élevée dans la tradition catholique elle a un fort caractère et montre très tôt un fort penchant pour la réflexion.

Pourquoi le (re)lire ? Nous allons vous épargner les arguments "lire des classiques enrichit, remonte l’ego etc." et aller vers des éléments concrets : ce récit est très fort, toujours contemporain. Simone de Beauvoir communique parfaitement ses états d'âmes : quand elle est passionnée, nous le sommes et lorsqu'elle s'ennuie, nous aussi. Ses premières relations, amoureuses, amicales se créent toujours autour de la discussion dont nous sommes souvent témoins et croiser de grands écrivains : Jean-Paul Sartre bien sûr, mais aussi Simone Weil ou René Daumal.

Du début à la fin nous vivons avec Simone, et si la lecture des Mémoires d'une jeune fille rangée peut se faire à n'importe quel moment de l'année, la pluie reste un excellent prétexte pour s'enfermer et pouvoir s'immerger dans son quotidien.

Bonne lecture !

Mémoires d'une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir aux éditions Folio, 8.8€




jeudi 29 décembre 2016

Coup de cœur : Plus loin que le triangle amoureux

Il est des livres qui ne vous laissent pas indifférent. Le nouveau roman de Howard Jacobson, Pour faire l'amour est sans aucun doute un de ceux là ! Sorti à la rentrée littéraire, il n'a eu beaucoup de presse... Nous nous chargeons de vous le faire découvrir !

Felix Quinn travaille une librairie de livres anciens, dans sa famille depuis plusieurs générations. Il est marié à une très belle femme, Marisa, qui a quitté son ex-mari pour lui. Felix Quinn aime Marisa immodérément mais considère que l'amour à long terme ne peut durer. Encore plus avec Marisa, qui aime, à l'occasion, aller voir ailleurs. Mais dans leur relation, le secret n'est pas.

Felix décide alors de choisir l'homme avec Marisa pourra le trahir en toute impunité. Il espère ainsi atteindre une tranquillité de conscience parfaite... Marius fait son entrée. Jeune homme élégant et coureur de jupons. Les deux jeunes gens se plaisent et leur relations dépasse ce que Felix avait imaginé... Le pauvre homme est à deux doigts de sombrer dans la folie, et nous avec.


Howard Jacobson a parfaitement construit son roman et nous rends accros à ses personnages névrosés et néanmoins attachants. Un humour merveilleusement dosé et des anecdotes culturelles nous rendent dingues et loin de la simple trinité femme-mari-amants nous avons là un chef d'oeuvre !



À lire hésitation (sans se fier à la couverture... d'un certain goût) !!


samedi 26 novembre 2016

Une chanson douce entêtante



Leïla Slimani signe son deuxième roman avec Chanson Douce et obtient cet automne le tant convoité prix Goncourt. D'habitude nous ne sommes pas toujours convaincus par l'attribution des prix littéraires, surtout celui-ci, mais cette année nous sommes ravis !



Dès les premières lignes, le drame est posé: la nounou a tué les enfants. 
Le reste du roman déroule le fil de l'histoire: l'histoire de ce couple qui vit dans un appartement exigu à Paris, la mère, Myriam, qui souhaite reprendre le travail pour sortir de son quotidien étouffant, l'envie de prendre une nounou même si cela représente un gros trou dans le budget... Et le casting des nounous, si justement écrit par l'auteure, jusqu'à l'apparition de Louise, une femme au visage de poupée, frêle et pourtant à la force surhumaine, soignée jusqu'au bout des ongles... Bientôt, Louise se rend indispensable à la famille. Le couple se retrouve et se repose de plus en plus sur elle. Les enfants l'adorent... La vie semble parfaite. Peu à peu, nous apprenons à connaître Louise, son passé, sa famille... Peu à peu, nous entrons dans la tête de Louise et remettons ensemble les pièces du puzzle qui permettent de répondre à cette question: "Pourquoi ?".

Chanson Douce est un roman que vous n'oublierez pas de sitôt. Vous le dévorerez, à la fois choqués et anxieux de le finir, et il vous hantera pendant un moment.