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vendredi 19 janvier 2018

Françoise Sagan forever

Pour célébrer cette nouvelle année, partons du bon pied avec le retour du classique du mois !

Vous souvenez-vous de cette rubrique ? Un peu délaissée avec l'arrivée de l'été, les manuels scolaires et compagnie, elle revient aujourd'hui avec une lecture à savourer au chaud, sous un plaid. De quoi enchanter ce week-end !

Et qui de mieux que Françoise Sagan pour cela ? L'autrice, célèbre pour avoir écrit Bonjour tristesse à dix-huit ans, a toujours fasciné par son mode de vie, son allure ou son goût pour la vitesse et les casinos. Son oeuvre, riche de romans, de pièces de théâtre et d'articles de presse fait partie intégrante du patrimoine littéraire français. 
Pour l'anecdote, sachez que Françoise Sagan a grandi dans le quartier, au 167, boulevard Malesherbes, et a fréquenté le collège Sainte Ursule-Louise de Bettignies.


Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir Je ne renie rien, une compilation d'entretiens donnés entre 1954 (année de parution de Bonjour tristesse) et 1992. L'autrice répond à des questions sur la vie, l'amour, la littérature et raconte son enfance, le succès soudain, les accidents de la vie, les problèmes financiers... Chacune de ses réponses est un délice pour le lecteur et c'est un livre qu'on peut picorer pour en savourer le charme et l'humour. On y trouvera aussi une modernité folle et un écho à nos propres problèmes contemporains. 




Voici par exemple ce qu'on peut y lire: 

« C'est uniquement en se colletant avec les extrêmes de soi-même, avec ses contradictions, ses goûts, ses dégoûts, ses fureurs, que l'ont peut comprendre un tout petit peu, oh, je dis bien un tout petit peu, ce que c'est que la vie. »

« Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre mon temps, perdre mon temps, vivre à contretemps. »

« Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles : les accidents de voiture, les séjours à l'hôpital, les chagrins d'amour. Mais je ne renie rien. »

Le texte est adapté au théâtre en ce moment par Alex Lutz, joué par Caroline Loeb, au théâtre du Marais. Courez-y ! 
Caroline Loeb incarne à la perfection l'icône Sagan, tant dans la diction que dans l'apparence. Elle donne vie à ce texte si particulier qui saura sans aucun doute vous toucher!

Françoise par Sagan, théâtre du Marais à Paris, jusqu'au 26 mars 2018.

Je ne renie rien, Françoise Sagan, le Livre de Poche, 6.60 euros. 



mercredi 19 avril 2017

Le classique du mois #4 : Caligula

Ce mois-ci, une pièce de théâtre du grand Camus. Caligula est en 4 actes, et fut publié pour la première fois en 1944. Dans cette tragédie, Albert Camus nous offre un jeune homme plus tourmenté que jamais.

Caligula est empereur de Rome mais lorsque sa sœur et maîtresse Drusilla meurt il se rends compte que le monde ne lui convient pas. Il disparaît pendant trois ans et revient obsédé, en quête de l'impossible. Il devient tyrannique, cruel et pervers : tourmentant son entourage, assassinant sans sourciller, Caligula s'éloigne de tous et ne trouvant plus le sommeil, sombre dans des réflexions sans fin.




Ne comprenant que très tard que l'homme n'est pas un animal solitaire, ce sombre héros connaîtra plus de tristesse que les suivants dont il a fait tuer la famille.

Au cours de la lecture, impossible de ne pas se prendre d'affection pour Caligula. Si triste et désespéré face à un monde qui ne lui convient pas. Lui, grand rêveur, souhaite seulement la liberté, la lune, le bonheur, l'immortalité. Mettre dans la confidence un des patriciens ne l'aidera pas, haïr tous ceux qui l'entourent non plus. Nous assistons à sa chute sans pouvoir intervenir et si sa fin semble inévitable, son salut aurait été préférable.

Lire Caligula aujourd'hui, c'est lire du théâtre antique. Pas si courant dans notre quotidien et ô combien majestueux. 

Dans l'éditions que nous vous proposons, est aussi présent la pièce Le malentendu. Il s'agit d'une pièce en trois actes datant de 1944 également. Moins de personnages (seulement cinq) mais tout autant de drames, dans le registre familial. Une pièce qui nous accroche dès la première replique et qui se dessine parfaitement au fil des mots.


Gérard Philippe interprétant Caligula au théâtre

Caligula suivi de Le malentendu, Albert Camus publié chez Folio - 7.20€

samedi 18 mars 2017

Le classique du mois #3 Un lieu à soi, de Virginia Woolf



Écrit en 1928, A Room of one's own, d'abord traduit Une chambre à soi par Clara Malraux, est une série de conférences données par Virginia Woolf à l'Université de Cambridge.


Sorti en janvier 2016, l'édition que nous vous proposons ce mois-ci est une nouvelle traduction de Marie Darrieussecq, autrice française. (Eh oui ce terme d'autrice peut vous choquer mais il est malgré tout aujourd'hui revendiqué par de nombreuses écrivaines et était en vigueur au XVIe siècle !). En effet, Marie Darrieussecq s'est penchée sur ce texte et a tenté de le moderniser et de lui apporter plus de justesse. Cela commence par le titre: a room ne veut pas dire une chambre en français, mais bien une pièce. Dans son introduction, l'autrice explique que "pièce à soi" aurait été malheureux en français, tout comme "un endroit à soi". Elle a donc finalement opté pour "lieu", qui met en valeur l'idée originelle de Virginia Woolf: une femme a besoin d'un lieu bien à elle pour écrire. Car ce lieu peut prendre la forme qu'il veut: un bureau, un studio, un atelier d'écriture en ville... Mais pas une chambre qui a déjà sa fonction de pièce et qui réduit l'importance de l'activité d'écrire. 

C'est autour de cette idée principale que l'essai se construit, plus le fait qu'une autrice a besoin d'argent pour être libre de pratiquer son activité. 
Virginia Woolf l'explique avec humour dans son essai que l'on peut même qualifier de pamphlétaire. Celui-ci est composé de six chapitres dans lesquels nous suivons le fil de la pensée de l'autrice. Elle commence à nous dire (car ce texte est très oral, du fait qu'il s'agisse de conférences) qu'on lui a demandé de parler des Femmes et de la fiction, et que ce thème l'a amenée à se poser une multitude de questions: pourquoi les hommes boivent-ils du vin à table et les femmes de l'eau ? Pourquoi les auteurs sont-ils si fascinés par les femmes quand les autrices ne parlent presque jamais d'hommes dans leurs textes ? Et ainsi de suite jusqu'à une réflexion très poussée sur la condition des femmes.


Pourquoi le(re)lire ? Un lieu à soi est considéré comme un des essais majeurs du féminisme. Outre le fait que Virginia Woolf est en soi une autrice que tout le monde devrait lire (en toute objectivité), le choix de ce texte permet de comprendre la pensée d'une femme en 1928 sur la situation de ses semblables, les difficultés qui existaient alors pour vivre de son activité d'écrivaine mais surtout les échos qu'on retrouve aujourd'hui sur la place des femmes dans la société, le monde du travail ou le monde des artistes. Ce texte frais et incisif est toujours d'actualité à bien des égards et mérite pleinement votre attention !


Bonne lecture !



samedi 18 février 2017

Le classique du mois #2 Moby Dick, de Herman Melville

Ce mois ci c'est du lourd avec à l'honneur : Moby Dick d'Herman Melville !



Vous en avez forcément entendu parlé mais l'avez vous déjà lu ? 

Souvent vite catalogué dans les romans d'aventure (même si il en fait indéniablement parti), genre trop mésestimé, on pourrait être amené à penser que l’enchaînement des péripéties peut comme c'est le cas parfois cacher une prose malhabile soutenue plus par le rythme que par sa qualité littéraire. Or ici c'est l'inverse ! Melville au sommet de son art use du langage avec profusion (il s'agit d'un des livres le plus dense en termes de vocabulaire), justesse et maîtrise. D'un rythme lent qui s’accélère peu à peu jusqu’à l'explosion finale il nous mène tel un bateau soumis aux caprices de la mer. D'une écriture audacieuse, d'une richesse et d'une poésie grandiose ce livre a tout du chef d'oeuvre.


Ismaël, appelons le comme ça, s'embarque à bord du baleinier Le Péquod pour une saison de chasse. Une entreprise à risque car la concurrence et les conditions de travail sont rudes dans ce métier. Il est en effet rare qu'un équipage revienne complet après toute une saison à braver la mer et ses humeurs, tout en chassant les géants qui l'habitent. A la recherche de lui même le voila mené dans la folle quête du redoutable capitaine Achab : capturer et tuer Moby Dick, la plus grande et la plus intelligente des créatures marines, devenue un mythe tellement peu de gens peuvent témoigner de son existence. Mais ce n'est pas le cas de notre capitaine qui non seulement a déjà croisé le monstre mais lui a également laissé sa jambe.

Paul Lasaine



Récit initiatique, quête de soi, conte moderne, c'est également pour son époque une véritable encyclopédie de la mer et de la chasse à la baleine. 

En bref c'est un incontournable que vous auriez tort de ne pas (re)lire !!






mardi 17 janvier 2017

Le classique du mois #1 : une autobiographie

Nous célébrons 2017 avec une nouvelle rubrique : le classique du mois ! Il s'agit de remettre un récit classique, paru en poche, au goût du jour. Aujourd'hui Simone de Beauvoir entre dans notre panthéon avec ses Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. Premier tome de son cycle autobiographique, constitué ensuite de La force d'âge, La force des choses et Tout compte fait, ce volume la suit du plus jeune âge jusqu'à ses vingt et un an.

Simone est née en 1908. Fille d'une famille bourgeoise élevée dans la tradition catholique elle a un fort caractère et montre très tôt un fort penchant pour la réflexion.

Pourquoi le (re)lire ? Nous allons vous épargner les arguments "lire des classiques enrichit, remonte l’ego etc." et aller vers des éléments concrets : ce récit est très fort, toujours contemporain. Simone de Beauvoir communique parfaitement ses états d'âmes : quand elle est passionnée, nous le sommes et lorsqu'elle s'ennuie, nous aussi. Ses premières relations, amoureuses, amicales se créent toujours autour de la discussion dont nous sommes souvent témoins et croiser de grands écrivains : Jean-Paul Sartre bien sûr, mais aussi Simone Weil ou René Daumal.

Du début à la fin nous vivons avec Simone, et si la lecture des Mémoires d'une jeune fille rangée peut se faire à n'importe quel moment de l'année, la pluie reste un excellent prétexte pour s'enfermer et pouvoir s'immerger dans son quotidien.

Bonne lecture !

Mémoires d'une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir aux éditions Folio, 8.8€