Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire. Afficher tous les articles

mercredi 21 février 2018

Moment d'intensité avec Delphine de Vigan



Les Loyautés est un de ces romans qui vous obsèdent, qui créent une atmosphère dont vous aurez bien du mal à vous défaire tant que vous ne l'aurez pas terminé.

Delphine de Vigan revient après D'Après une histoire vraie, un roman dont elle était l'héroïne, qui mêlait réalité et fiction. Ici, l'autrice laisse de côté son histoire personnelle et familiale car il s'agit bien ici d'un roman où les personnages sont imaginaires.


Hélène est professeure au collège. Elle s'inquiète pour un de ses élèves et finit par se persuader qu'il est victime de violences familiales. Le roman se construit autour de ce point de départ et se glisse à tour de rôle dans la vie des différents personnages. Chacun a ses inquiétudes, ses rêves brisés, ses colères. 

Delphine de Vigan a souhaité avec ce nouveau roman revenir à une histoire plus dense et intense, un roman qu'on aurait envie de lire d'une traite - et c'est le cas. Très différent des ses deux derniers romans, les Loyautés traite de sujets de société tels que les violences familiales et l'alcoolisme chez les adolescents. Pourtant, le thème principal du roman reste l'un des plus propres à l'autrice: l'intimité. Même si la tension monte au fil des pages, nous apprenons surtout plus sur chacun de personnages et leurs aspirations. Delphine de Vigan s'interroge tout au long du livre: qu'est ce que la loyauté ? Y a-t-il plusieurs loyautés, comme le suggère le titre ? C'est en creusant au plus de près de ses héros et héroïnes qu'elle semble trouver la réponse. (A vous de lire pour le savoir !)

Les Loyautés, Delphine de Vigan, éditions JC Lattes. 17 euros. 


mercredi 14 février 2018

Autrice coup de cœur : Maggie Nelson

Le plaisir des traductions, c'est que l'on a pas toujours à attendre des années pour découvrir la nouvelle parution d'un(e) écrivain(e). Le preuve en est avec Maggie Nelson que nous découvrons grâce aux Éditions du Sous-sol ! Une partie rouge est paru en août dernier et ce mois-ci parait déjà son nouvel opus: les Argonautes.

Une partie rouge, n'est pas un roman. Il s'agit de l'histoire de
famille de l'autrice, d'une enquête non résolue, de poésie... Car Maggie Nelson est une poétesse américaine. Dans les années 1970, sa tante âgée d'une vingtaine d'années se fait sauvagement assassiner. L'affaire est classée sans suite et la famille tente de surmonter l'horreur qu'ils ont vécu. Maggie se construit et devient autrice. En 2004, elle s'apprête à sortir un recueil de poésie autour de l'histoire de sa tante lorsqu'elle reçoit un appel : un policier, qui n'a pas arrêté d'enquêter à trouvé un présumé coupable. Le cirque juridique recommence : audiences ; témoignages ; photos ; preuves... Autant de tracas et de douleur, mais aussi un moyen de clore cette affaire ?

L'écriture de Maggie Nelson ne laisse pas indifférent(e) et oscille entre propos personnels et réflexions sur la famille, le genre, l'amour, avec une bonne dose de psychologie selon les livres.

Son nouvel ouvrage s'appelle Les Argonautes et raconte son histoire d'amour avec une femme, devenue homme. Entre essais et poème, ce livre aborde aussi la question des enfants et des couples non conventionnels, du féminisme...

Nous avions assisté à sa venue à la Maison de la poésie, haut lieu des rencontres littéraires parisiennes. Un bonheur ! Concentré de psychologie et de philosophie, les paroles de Maggie Nelson ont fait écho en nous et nous ont conforté dans l'idée qu'elle est une autrice de qualité.




Une autrice à suivre sans hésitation et les éditions du Sous-sol à remercier de nous faire découvrir ses écrits !!




mercredi 10 janvier 2018

Coup de coeur : le transhumanisme, tout le monde en parle

Je crois que j'en ai entendu parler pour la première fois il y a deux ans. Le transhumanisme ; le futur de l'humanité. J'ai été tout de suite horrifiée, choquée, abasourdie. Depuis, l'idée n'a cessé de grandir dans mon esprit et bien sûr, dans le monde éditorial. Lorsque j'ai appris que le nouveau roman de Frédéric Beigbeder abordait le sujet j'ai pensé "si même lui en parle, le concept devient grand publique". Après deux essais voici donc le retour de Beigbeder, en forme et dans ce qu'il fait de mieux : le roman de non-fiction. Ici, il devient science-non-fiction.

Au début de l'histoire, ses parents sont à l'hôpital et l'auteur ne peux se résoudre à avouer à sa fille que nous somme tous voués à mourir un jour. Il décide donc de braver la mort et de partir en quête d'antidotes. De Paris à Los Angeles en passant par Jérusalem ou Genève, le voyage est long et fastidieux.

Sa prose nous emmène dès les premières lignes dans lesquelles il nous précise que "tous les noms de personnes ou d'entreprises, adresse, découvertes, start-ups, machines, médicaments et établissements cliniques mentionnés existent bel et bien". Une réflexion autour de la vie éternelle sous forme de roman, un plaisir de lecture qui fait froid dans le dos.



jeudi 29 décembre 2016

Coup de cœur : Plus loin que le triangle amoureux

Il est des livres qui ne vous laissent pas indifférent. Le nouveau roman de Howard Jacobson, Pour faire l'amour est sans aucun doute un de ceux là ! Sorti à la rentrée littéraire, il n'a eu beaucoup de presse... Nous nous chargeons de vous le faire découvrir !

Felix Quinn travaille une librairie de livres anciens, dans sa famille depuis plusieurs générations. Il est marié à une très belle femme, Marisa, qui a quitté son ex-mari pour lui. Felix Quinn aime Marisa immodérément mais considère que l'amour à long terme ne peut durer. Encore plus avec Marisa, qui aime, à l'occasion, aller voir ailleurs. Mais dans leur relation, le secret n'est pas.

Felix décide alors de choisir l'homme avec Marisa pourra le trahir en toute impunité. Il espère ainsi atteindre une tranquillité de conscience parfaite... Marius fait son entrée. Jeune homme élégant et coureur de jupons. Les deux jeunes gens se plaisent et leur relations dépasse ce que Felix avait imaginé... Le pauvre homme est à deux doigts de sombrer dans la folie, et nous avec.


Howard Jacobson a parfaitement construit son roman et nous rends accros à ses personnages névrosés et néanmoins attachants. Un humour merveilleusement dosé et des anecdotes culturelles nous rendent dingues et loin de la simple trinité femme-mari-amants nous avons là un chef d'oeuvre !



À lire hésitation (sans se fier à la couverture... d'un certain goût) !!


samedi 26 novembre 2016

Une chanson douce entêtante



Leïla Slimani signe son deuxième roman avec Chanson Douce et obtient cet automne le tant convoité prix Goncourt. D'habitude nous ne sommes pas toujours convaincus par l'attribution des prix littéraires, surtout celui-ci, mais cette année nous sommes ravis !



Dès les premières lignes, le drame est posé: la nounou a tué les enfants. 
Le reste du roman déroule le fil de l'histoire: l'histoire de ce couple qui vit dans un appartement exigu à Paris, la mère, Myriam, qui souhaite reprendre le travail pour sortir de son quotidien étouffant, l'envie de prendre une nounou même si cela représente un gros trou dans le budget... Et le casting des nounous, si justement écrit par l'auteure, jusqu'à l'apparition de Louise, une femme au visage de poupée, frêle et pourtant à la force surhumaine, soignée jusqu'au bout des ongles... Bientôt, Louise se rend indispensable à la famille. Le couple se retrouve et se repose de plus en plus sur elle. Les enfants l'adorent... La vie semble parfaite. Peu à peu, nous apprenons à connaître Louise, son passé, sa famille... Peu à peu, nous entrons dans la tête de Louise et remettons ensemble les pièces du puzzle qui permettent de répondre à cette question: "Pourquoi ?".

Chanson Douce est un roman que vous n'oublierez pas de sitôt. Vous le dévorerez, à la fois choqués et anxieux de le finir, et il vous hantera pendant un moment. 

lundi 14 novembre 2016

Coup de coeur : Shakespeare ou la fin du monde

Cela fait déjà quelques romans que les éditions Rivages nous éblouissent, notamment avec  J'ai vu un
homme d'Owen Sheers. Voici cette fois une jeune auteure canadienne résidant à New-York et qui place l'action de son nouveau roman aux États-Unis. Station Eleven n'est peut-être pas un roman vers lequel je serai allée spontanément, considérant que son résumé contient de gros mots comme "civilisation effondrée" ou "ancien monde", qui sont pour moi souvent rédhibitoire. Heureusement, une soirée en compagnie de l'auteure m'a permise de m'ouvrir l'esprit. Attention, Station Eleven n'est pas un roman post-apocalyptique comme les autres !


Tout commence à Toronto, pendant une représentation du Roi Lear. Au moment ou l'acteur principale et mondialement connu Arthur Leander s'effondre, tout change. Nous suivons Jeevan,  un ancien paparazzi, qui constate l'arrivée d'un virus de grippe mortelle dans la capital. En très, très, peu de temps une grande partie de la population mondiale est décimée. Au fur et à mesure que le roman avance, nous suivons la destinée d'autres personnages, ainsi leur passé.

Le titre, Station Eleven fait référence à une bande dessinée crée avant le cataclysme par Miranda, que nous suivons pendant un long moment. Nous découvrons également une troupe de comédiens traversant le pays pour jouer des pièces de Shakespeare au plus grand nombre. Tout ce petit monde est très attachant et les destins croisés sont toujours surprenants.



Station Eleven est un récit poignant, centré sur l'errance, l'art et l'espoir : dans un monde où tout disparaît : l'art subsiste ! Pas aussi sombre que l'on pourrait se l'imaginer, loin de stéréotypes du genre, pleins d'intrigues, ce roman ne cesse de nos surprendre. Emily St John Mandel et sa douce écriture nous transporte et on en redemande ! Une bonne raison de se pencher sur ses précédents romans souvent dans un style thriller ; On ne joue pas avec la mort ; Dernière nuit à Montréal ou encore Les variation Sebastian.


Station Eleven, d'Emily St. John Mandel aux éditions Rivages - 21€

mardi 25 octobre 2016

Littérature, Rock'n'Roll et Vintage !



Quand nos clients aiment un livre, parfois ils nous font un petit coup de cœur dessus et on adore

Voici ce qu'Aymeric a pensé de Vintage, de Grégoire Hervier:

Thomas, jeune journaliste à ses heures perdues et passionné de rock, se trouve plongé dans une quête malgré lui d'un instrument à l'existence chimérique. Si vous aimez l'aventure moderne aux relents de vintage et que vous êtes un aficionado de la culture pop/rock, ce roman est fait pour vous. 
Doté d'un suspens digne des meilleurs thrillers, l'auteur nous fait voyager de Paris aux States en nous faisant passer par le Royaume-Uni, berceau de la pop/rock sans oublier l'empire du Soleil Levant. L'atmosphère qui se dégage de ce roman est telle qu'arrivera le moment fatidique où vous vous demanderez si le héros ne serait pas victime de la malédiction qui entoure tous les objets légendaires. 
Enquêtes, course-poursuites, meurtres, et vous, que seriez-vous prêt à faire pour la quête de l'instrument absolu?

Si vous voulez vous aussi nous partager vos coups de cœur n'hésitez pas ! Nous aurons peut-être même quelques livres à vous offrir en échange... !
 

mercredi 12 octobre 2016

Coup de coeur : De l'Argentine aux États-Unis, art à tous les étages

New-York, ville de tous les rêves et tous les espoirs, est un pilier du monde de l'art contemporain. Les génies y naissent, ou s'y installent, prenant d'assaut la grosse pomme, avec ou sans drame. New-York Esquisses Nocturne est un autre premier roman, dans lequel on s'engouffre avec plaisir.


Nous sommes en 1980 et l'histoire débute en Amérique de sud, en Argentine plus précisément, avec une jeune mère célibataire abandonnée depuis quelques années par son artiste de frère parti trouver sa voie plus au nord. Cette fratrie est petite mais les sentiments qu'il partagent l'un pour l'autre sont très intenses. Aussi lorsque Raul Engales est parti, c'était après un conflit, plein de reproches envers sa sœur, son mari, leur mode de vie. Très vite il a su se fonder une nouvelle existence et enfin vivre, précairement, de ce qui l'a toujours rendu vivant : la peinture.

Nous suivons également James Bennett, un homme marié, bientôt père, et spécial depuis sa plus tendre enfance. Voyant des couleurs et des objets que personne d'autre ne perçoit, il est devenu un critique d'art et un dénicheur d'artistes hors pairs. Il y a aussi Lucy jeune femme pleine d'espoirs et de rêve, prêtant une attention particulière aux signes. Arrivée à New-York il y a quelques moi à peine elle rêve d'un amour intense et partagé.

Ces trois personnages vont trouver leur compte. Et même tragiquement plus. Une rencontre, une discussion, une peinture et voilà leur destin liés. Nous sommes plongés dans l'effervescence du NY artistique de années 80 et c'est sacrément bon. Les artistes sont au coin de chaque rues et habitent le roman, le rendant plus réel. Sans s'en rendre compte on s'est complètement laissé happé par l'histoire des personnages et l'émotion nous gagne quand vient le temps de les quitter. Molly Prentiss est poétique et réalise un coup de maître avec ce premier roman haut en couleurs et nous laisse en attente pour le prochain.

New York esquisse nocturne de Molly Prentiss aux éditions Calman-Levy - 21,50€

jeudi 22 septembre 2016

Coup de cœur : The girls, couverture énigmatique et récit à la hauteur !

La rentrée littéraire se déguste la plupart du temps en deux parties : les nouveautés de nos auteurs fétiches, et les premiers romans. The girls appartient à la deuxième catégorie, mais pourra passer dans la première dès la prochaine publication de l'auteure !

Dès les premières lignes, Emma Cline nous emporte. Une femme seule dans une maison distingue des voix à l'extérieur. Ce ne sera rien de grave mais cela la ramène à sa propre histoire : Evie a grandi au nord de la Californie à la fin des années 1950. En 1969 elle a quatorze ans et son existence est semblable à celle de toutes les adolescentes de cette époque. Jusqu'au jour où elle aperçoit pour la première fois, au détour d'une supérette, trois jeunes filles fouillant les poubelles. Trois sauvageonnes aux vêtements tâchés, déchirés et aux cheveux longs. Belles, pourtant.

Quelques temps plus tard, Evie recroise l'une d'entre elles, Suzanne, et une timide amitié, basée sur l'admiration d'Evie prend forme. Suzanne habite en communauté, dans un ranch non loin d'ici. Elle va faire découvrir son monde sa nouvelle amie et celle-ci n'en sortira pas indemne. En proie aux conflits familiaux, notamment avec sa mère divorcée, Evie passe presque deux nuits sur trois au ranch et découvre l'indépendance. Plus important encore, elle rencontre Russel, meneur de tout ce petit monde. Russel, un musicien raté mais très persuasif, faisant fortement écho au tristement célèbre Charles Manson.

Le talent d'Emma Cline réside dans la poésie de ses phrases et sa capacité à relater les sentiments d'une adolescente perdue et influente. Un récit très cinématographique et puissant, au rythme ciselé. Les pages se tournent les unes après les autres et l'intensité de nos sentiments de lecteur ne cesse d'augmenter. Emma Cline est jeune, originaire de Californie tout comme son héroïne, et sans aucun doute à suivre avec beaucoup d'attention !


The girls, d'Emme Cline aux éditions La Table Ronde - 21€

jeudi 28 janvier 2016

Coup de cœur : il fait du bien de changer d'air

Je lis rarement de la littérature chinoise. Non pas que celle-ci me déplaise, au contraire, mais je tombe rarement sur des ouvrage qui, quand j'ai le temps de les lire, me tentent. Lorsque Pékin Pirate est arrivé à la librairie le 7 janvier, je connaissais déjà le résumé et je me suis empressé de le commencer. Il s'agit d'un texte paru pour la première fois en Chine en 2008 et ce sont les éditions Philippe Rey qui nous permettent de découvrir ce fantastique texte.

Zu Zechen nous offre le portrait de DunHuang, sortant de prison après trois mois enfermement pour
vente de faux papiers. Le jeune homme n'a rien et ne peut décemment pas retourner à son ancien emploi. Au cours de ses déambulations, il rencontre vite Xia, une vendeuse de DVD à la sauvette. Ni une ni deux, il se lance dans ce commerce (illégal lui aussi). 

Voici donc le point de départ. Malgré les coups durs, DunHuang se laisse rarement démonter et apprend rapidement à se remettre en selle. Dans un Pékin contemporain, Zu Zechen nous fait découvrir la précarité sous un autre angle : les jeunes gens en situations difficiles se cultivent, essaient de s'entraider, de se reconstruire... Pékin pirate peut se lire d'une traite, ce que j'ai fait et adoré, ou peut s'apprécier en petites chroniques de la vie quotidienne, toujours rythmée par des tempêtes de lœss.



jeudi 17 septembre 2015

Voyage aux pays du cinéma, au dessus du pacifique

Douglas Coupland est un auteur canadien né en 1961. Il a plus d'une douzaine de romans traduits en français. C'est pour ainsi dire, un génie. D'humour, d'intelligence et de lucidité. En toute objectivité. Depuis Génération X en 1991, il nous offre des histoires farfelues, des personnages profondément haut en couleurs et des réflexions à leur hauteur.

Fin août sortait aux éditions du diable Vauvert La pire personne au monde, road trip halluciné de deuxanglais aux États-Unis. Raymond Gunt est un camera man raté. Il pourrait être antipathique au lecteur comme il l'est à bien des personnages mais non. Ses mésaventures sont un pur délice. Ray est une personne égoïste et égocentrique qui se laisse souvent dépasser par les événements. Mais comme il nous l'apprend dès les premières lignes, il "pense être un citoyen tout à fait convenable". Lorsque Fiona, son ex-femme, une "affreuse, affreuse, affreuse personne", lui propose un séjour au cœur du Pacifique, à filmer de jeunes gens pour une télé-réalité, il accepte après quelques réticences. Monumentale erreur ou meilleure décision de sa vie, impossible de trancher. Ayant le droit à un assistant, Ray choisi Neal, un SDF rencontré la veille. Ce dernier va vite se révéler plein de ressources et aider Ray à mener son existence.

Impossible de vous en dire plus sur leurs aventures sans gâcher le plaisir de la découverte. La pire personne au monde est un chef-d’œuvre est c'est un plaisir à chaque page. L'humour est là. Les personnages sont là. Les situations cocasses aussi. On pourrait penser que Coupland ne se réinvente pas mais c'est faux. Chaque roman est magique est celui-ci ne fat pas exception. Avec un personnage plus raté et sarcastique que jamais, il emporte la palme du rire tout en gardant sur le monde son regard caractéristique.

jeudi 10 septembre 2015

Vie(s) et mort d'une artiste

Vie et mort de Sophie Stark est un roman. Pourtant, lorsque j'ai dû interrompre (à plusieurs reprises) ma lecture, je pensais apercevoir Sophie en levant la tête. Pouvoir l'appeler et lui parler. Que ce sentiment de vivre avec les personnages d'un roman est étrange.

Vie et mort de Sophie Stark, c'est un récit à plusieurs voix.
Comme des chroniques, chacune des personnes les plus proches de la jeune femme racontent leur rencontre, un bout de vie partagé avec la jeune femme. Les ressentis et expériences qu'ont chaque personnages par rapport à Sophie ne font que grandir notre fascination pour elle. Plusieurs voies aussi. On voudrait pénétrer le cerveau de Sophie, jeune cinéaste, la comprendre enfin mais impossible puisqu'elle même ne se sait pas vraiment ce qu'elle cherche, ce qu'elle aimerait dire...

Vie et mort est un deuxième roman, une première traduction française et loin d'être la dernière, je l'espère.
L'auteure, Anna North, est une jeune femme, tout comme son héroïne, moins perturbée cependant (c'est en tout cas ce que l'on lui souhaite). Son roman aborde la condition humaine : se faire entendre lorsque l'on arrive pas à s'exprimer, sur le trouble qu'incombe l'art et le statut d'artiste. De la vie étudiante au tapis rouge, que reste-t-il de nos envies et nos certitudes ?

Entre Girls (Lena dunham) et The virgin suicide ( Jeffrey Eugenide, Sophia Coppola), Vie et mort nous 
raconte l'existence d'une femme inapte à s'exprimer comme elle le souhaite mais qui pourtant arrive (presque) toujours à ses fins avec son entourage.

Lire Vie et mort,
c'est avoir envie de connaître Sophie, et paradoxalement, avoir envie de ne jamais la rencontrer. C'est certainement un livre à lire, j'irai bien jusqu'à vous dire que c'est le livre de la rentrée mais il mérite bien plus qu'un mois d'euphorie.



jeudi 25 septembre 2014

Un roman flamboyant

Qui dit rentrée dit nouveautés de nos auteurs fétiches ! Pour ma part, le nouveau roman de Siri Hustvedt était un réel événement puisque à cette occasion, j'ai pu la rencontrer à la maison de la poésie au début de l'été. Je n'ai pas commencé tout de suite son Monde flamboyant, sachant qu'il allait être bon et que je ne pourrai le découvrir qu'une seule fois.
Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Siri Hustvedt est une poétesse, romancière, essayiste (et plus encore), américaine, marié depuis plus de vingt ans à Paul Auster. S’intéressant aussi à la psychologie, la philosophie ou les neurosciences, Siri Hustvedt fait de ses romans des œuvres complètes.



Un monde flamboyant, c'est l'histoire de Harriet Burden, une artiste plasticienne, veuve, qui ne trouva pas la reconnaissance qu'elle aurait voulu de son vivant, tant pour son art que pour elle-même. Approchant la soixantaine, elle décide de se lancer dans un nouveau projet intitulé "Masques". Pour le mener à bien, elle collabore avec trois hommes différents afin de leur faire endosser le rôle d'artiste à sa place. Ce faisant, elle compte démontrer que la même œuvre, la sienne, présentée comme celle d'une femme n'est pas gage de qualité mais qu'en tant que celle d'un homme, elle remporte un franc succès.

Siri Hustvedt a ce talent, déjà expérimenté dans Tout ce que j'aimais (2003), de décrire des œuvres d'art à un tel point, que le lecteur ne sait plus si elles sont réelles ou non. Dans un monde flamboyant, cette notion est encore plus présente puisque le roman prend la forme de l'essai universitaire deT. S. Hess, sur Harriet Burden après sa mort et n'est que témoignages de ses proches, critiques du monde de l'art, extraits de ses carnets personnels, etc. Un chapitre est un interview, le suivant un poème, puis un récit, cette narration rend la lecture dense mais le récit se construit petit à petit, et on prend plaisir à recueillir les points de vue dans l'affaire des Masques, qui fut sujet à de nombreuses polémiques.

Un monde flamboyant est, avec ses nombreuses références culturelles et intellectuelles, une lecture intense mais reste totalement accessible et captivante. Un roman qui fait perdre les notions de réalité, qui interroge sur bien des choses comme la normalité, l'identité, ou le processus créatif...
Bref, encore un ouvrage qui montre le talent de Siri Hustvedt, à découvrir d'urgence !



mercredi 10 septembre 2014

Elvis, petite musique de rentrée



 




Merci à Caroline De Mulder pour avoir remis Elvis Presley au goût du jour. J'ai pu illuminer des trajets de métro au cours de ma lecture, réchauffer des soirées de fin d'été au doux son du rock and roll. Avec Bye Bye Elvis son troisième roman, cette auteur belge confirme son talent et on apprécie vraiment !














En croisant l'histoire d'Yvonne et de l'unique Elvis, Caroline De Mulder crée une faille temporelle surprenante et très plaisante. On suit la star de son enterrement à sa jeunesse dans le Mississipi en passant par les cases amourettes frivoles, concerts assourdissants et heures passées à peaufiner sa coiffure.
Pendant ce temps, Yvonne reste toujours la même, prenant soin de l'allumé vieux John White pour qui elle travaille. Entrant dans sa vie pour la lui sauver, Yvonne voit se décharner un homme qui vit en plein délire de cures de jouvence et richesses factices. Yvonne qui n'a plus rien à perdre depuis la mort de son mari, se laisse embarquer dans l'histoire de cet homme et tente autant que faire se peut de le ramener à la raison.
Le vieil homme et l'éternel jeune chanteur ont en commun une passion des médicaments, un amour des femmes, et peut-être plus...





Elvis est présenté comme un sex symbol, un fils aimant, un drogué, un détraqué sentimental, une star internationale et intemporelle, un homme, un garçon, une icône, un bègue, un chanteur de talent, un acteur raté, un soldat, une diva, un animal... Un tel personnage se doit d'être lu sous toutes ces coutures !


 




Poésie qu'est ce roman aux phrases courtes, à l'étrange construction. Plaisir qu'est cette lecture, on entre si vite dans l'histoire, on enchaîne les mots les lignes les pages avec plaisir douceur et sans s'en rendre compte. Et puis un beau matin, le livre est terminé. Mon devoir commence donc ici, vous faire savoir qu'il est à lire, qu'Elvis Presley est toujours à écouter, que la rentrée littéraire contient des bijoux et que ce livre en fait partie.

A vos lunettes, prêts, feux, LISEZ !