samedi 18 février 2017

Le classique du mois #2 Moby Dick, de Herman Melville

Ce mois ci c'est du lourd avec à l'honneur : Moby Dick d'Herman Melville !



Vous en avez forcément entendu parlé mais l'avez vous déjà lu ? 

Souvent vite catalogué dans les romans d'aventure (même si il en fait indéniablement parti), genre trop mésestimé, on pourrait être amené à penser que l’enchaînement des péripéties peut comme c'est le cas parfois cacher une prose malhabile soutenue plus par le rythme que par sa qualité littéraire. Or ici c'est l'inverse ! Melville au sommet de son art use du langage avec profusion (il s'agit d'un des livres le plus dense en termes de vocabulaire), justesse et maîtrise. D'un rythme lent qui s’accélère peu à peu jusqu’à l'explosion finale il nous mène tel un bateau soumis aux caprices de la mer. D'une écriture audacieuse, d'une richesse et d'une poésie grandiose ce livre a tout du chef d'oeuvre.


Ismaël, appelons le comme ça, s'embarque à bord du baleinier Le Péquod pour une saison de chasse. Une entreprise à risque car la concurrence et les conditions de travail sont rudes dans ce métier. Il est en effet rare qu'un équipage revienne complet après toute une saison à braver la mer et ses humeurs, tout en chassant les géants qui l'habitent. A la recherche de lui même le voila mené dans la folle quête du redoutable capitaine Achab : capturer et tuer Moby Dick, la plus grande et la plus intelligente des créatures marines, devenue un mythe tellement peu de gens peuvent témoigner de son existence. Mais ce n'est pas le cas de notre capitaine qui non seulement a déjà croisé le monstre mais lui a également laissé sa jambe.

Paul Lasaine



Récit initiatique, quête de soi, conte moderne, c'est également pour son époque une véritable encyclopédie de la mer et de la chasse à la baleine. 

En bref c'est un incontournable que vous auriez tort de ne pas (re)lire !!






mercredi 15 février 2017

Le fond de la bibliothèque qui va vous faire voyager !

Mange, prie, aime d'Elizabeth Gilbert.



Elizabeth Gilbert est une trentenaire en apparence épanouie: elle est mariée, propriétaire d'une immense maison dans le New Jersey et une journaliste voyageant aux quatre coins du monde. Pourtant elle ressent un malaise. Les choses font qu'elle devrait vouloir un enfant, mais elle n'en veut pas. Elle se rend compte qu'elle n'aime plus son mari et que sa grande maison lui semble vide. 

Un divorce douloureux et une liaison chaotique plus tard, Elizabeth ne se reconnaît plus et ne sait plus quel sens donner à sa vie. Dans une librairie, elle tombe sur un dictionnaire d'italien et décide d'apprendre la langue car elle sent que c'est ce qu'elle a envie de faire. Dans son bain, elle répète des mots et décide qu'elle doit aller en Italie. C'est alors qu'elle prend conscience que pour se reconstruire, il faut qu'elle prenne le temps de réfléchir sur elle et sur ce qui compte dans sa vie. 

Elle s'accorde alors de passer quatre mois dans trois pays différents: l'Italie, pour les plaisirs de la nourriture, du soleil et de cette langue chantante, l'Inde, pour la spiritualité et l'Indonésie... parce qu'un vieux guérisseur lui a dit qu'elle reviendrait un jour y passer trois ou quatre mois !


En Italie, elle se fait des amis, prend dix kilos, goûte la meilleure pizza de Naples, mange une dinde au petit déjeuner pour Thanksgiving et retrouve peu à peu sa joie de vivre. 

En Inde, elle vit dans l'ashram de son gourou spirituel, dans lequel on pratique le yoga et la méditation toute la journée. 
Enfin, en Indonésie, à Bali, elle devient la professeure d'anglais du vieux guérisseur qui en échange lui transmet son savoir et lui apprend la méditation à la balinaise. C'est aussi sur cette île paradisiaque qu'elle fera des rencontres qui changeront sa vie. 

Loin d'être un récit mielleux, ce roman autobiographique est un voyage intérieur dont l'écho résonnera chez nombre d'entre nous. Qui n'a jamais traversé une crise existentielle ? Qui ne s'est jamais demandé ce qu'il faisait là ? Elizabeth Gilbert, grâce à son expérience, nous aide à réfléchir plus profondément à notre quotidien. On peut tout quitter pour partir faire le tour du monde, ou on peut trouver le petit rien qui manque à notre vie.


Ecrit simplement mais merveilleusement documenté, Mange, prie, aime est un récit inspirant à mettre entre toutes les mains !


Le roman a été adapté à l'écran avec la délicieuse Julia Roberts.

mercredi 8 février 2017

Coup de cœur : pour les néophytes, les passionnés, des plantes en pagaille !



En 2015, Katie Scott (illustratrice) et Jenny Broom (écrivaine) nous avaient enchantées avec Animalium, véritable musée de papier paru aux éditions Casterman. Cette année, Katie Scott s'associe à Kathy Willis pour nous dévoiler les secrets et particularités des plantes avec toujours autant de poésie, voici Botanicum.




Le format particulièrement grand est la première chose que l'on remarque dans cet ouvrage. Une couverture dure, un dessin imitant des gravures et des coloris vintages renforcent l'aspect précieux du livre. Après la page de garde, les pages de titres, une préface nous présente simplement la diversité des plantes et nous invite à nous "promener dans les allées de ce jardin" pour en découvrir tous les secrets.



Le sommaire découpe le livre en neuf parties. Tout d'abord, l'entrée et son Arbre de la vie. Une introduction, une fantastique illustration sur deux pages et une explication. Ensuite, sept galeries présentent les Premières plantes, les Arbres, les Palmiers et cycadophytes, les Plantes herbacées, les Graminées, quenouilles, cypéracées et joncs, les Orchidées et broméliacées, et la dernière s'intitule "s'adapter à son environnement" et présente quelques espèces particulièrement résistants. Enfin, la bibliothèque qui comporte un index et une présentation des auteures.



On pourrait s'attarder encore très longtemps sur le pourquoi du comment Botanicum est une merveille, à quel point il est magnifique et indispensable dans toute bibliothèque, d'enfant dès 6 ans ou d'adulte, etc. Le meilleur moyen de nous arrêter, c'est encore de venir le découvrir en vrai !

Botaniquement vôtres !



Botanicum, de Katie Scott et Kathy Willis aux éditions Casterman, 25€


mercredi 1 février 2017

Coup de cœur : la violence au service de la poésie

Lire un livre d'Édouard Louis, ce n'est pas une mince affaire. Ce jeune auteur et sociologue français s'était fait connaître en 2014 avec un roman largement autobiographique ; En finir avec Eddy Bellegueule. Il a rencontré beaucoup de succès malgré la dureté de son histoire. Edouard Louis continue de réussir avec son deuxième roman, Histoire de la violence, publié comme son prédécesseur aux éditions du Seuil.

Même si Histoire de la violence porte bien son titre, il est difficile de savoir à quoi s'attendre lorsque l'on débute la lecture. Edouard Louis nous raconte son viol un soir de Noël. Enfin, il le fait majoritairement à travers le récit qu'en fait sa sœur, Clara, à son mari. Ainsi s'opposent deux langages : celui châtié d'Edouard Louis, en parisien qui se veut bourgeois et celui de sa sœur, plus familier, aux accents picards. Le récit prend un tournure particulière quand il est raconté par un personnage, et commenté par un autre. Il devient plus fort.



La structure du roman est bouleversante, tout comme les langues utilisées. La prose d'Edouard Louis est poétique et lumineuse. Même pour traiter un sujet si dur et si abjecte. Histoire de la violence est quelque chose de vrai, de fort, de dérangeant. Un certitude : Edouard Louis est un auteur à découvrir, à suivre, à lire.


Histoire de la violence, d'Edouard Louis aux éditions Seuil, 18€

samedi 28 janvier 2017

Coup de cœur : Drame familial en milieu aquatique

Après le choc que fut la découverte de Sukkwan Island, le premier roman de David Vann publié pour la première fois en 2010, je n'ai pas tout de suite osé aller vers ses autres écrits. Comme souvent après la découverte d'un bon auteur, il y a la crainte d'être déçu par un prochain récit ou l'envie d'en garder pour plus tard. Mais dès qu'Aquarium est arrivé à la librairie (en octobre) j'ai su qu'il était temps !


C'est l'histoire de Catlin, qui habite avec sa mère dans un modeste appartement de la banlieue de Seattle. La vie n'est pas toujours facile mais la jeune fille se réfugie à l'aquarium de la ville dès qu'elle le peut/doit, c'est-à-dire tous les soirs en attendant que sa mère termine son travail. Un soir, un vieil homme approche Catlin et le courant passe immédiatement. Chacun devinant que cette relation ne plairai pas trop à sa mère, celle-ci n'entre pas dans la confidence. Jusqu'au jour où...




Dans une famille pleine de secrets, les conflits arrivent vite et peuvent rapidement s'aggraver. Catlin se trouve prise dans un tourbillon de soucis et de disputes qui, du haut de ses douze ans, la dépassent. La mère de Catlin est également dépassée bien sûr, la vie n'est pas facile pour cette mère célibataire et quand des surprises s'ajoutent au quotidien...

Anxiogène dès les premières pages, Aquarium est un roman très fort. On en ressort vidé mais satisfait d'avoir mis tant d'énergie à la lecture. Il y a des instants très violents, physiquement comme psychologiquement, sans qu'on s'y attende. Cependant de vrais moments de répit et de poésie s'installent lorsque les scènes se déroulent devant les bancs de poissons, loin de toute pression sociale ou agitations familiales et offrent une respiration. David Vann, génie ? Si vous en doutez c'est le moment de vous faire un avis !



mercredi 25 janvier 2017

Coup de cœur : Retour en grades pompes d'un auteur fétiche

Après les aventures de Jonah, l'auteur français Taï-Marc Le Thanh nous offre une nouvelle série, complètement décoiffante ! Ça ne commence pourtant pas très bien avec... Une apocalypse. Ou plutôt, une suite d'Épitaphes, événements catastrophiques qui ont plongé notre chère Terre dans le chaos.

Nous suivons un jeune homme amnésique à la force surhumaine et la technique sans failles, guidant son petit frère rebaptisé Poisson-Pilote et leur petite sœur Double-Peine à la recherche de leur parents partis en voyage peu avant les Épitaphes. Nous suivons cette troupe de gai-lurons à travers la France, puisqu'ils partent de leur Paris Natal pour atteindre San-Francisco en passant par le Portugal, et en musique s'il vous plait ! Le chemin est bien évidemment semé d’embûches, personnelles (grand-frère essayant tant bien que mal de se remémorer son passé) que physiques (zombies, chien errants maléfiques et autres créatures).


Une bande-annonce du livre, que vous pouvez retrouver sur l'excellent site créée pour l’occasion !

Avec sont talent habituel, Taï-Marc Le Thanh nous fait entrer immédiatement dans l'histoire en dévoilant l'intrigue quand il faut, et on s'attache réellement aux personnages au fil des pages. Le roman est très rythmé avec une action quasi constante mais arrive à rester une bulle d'air car emprunt d'une grande poésie, de douceur, et d'amour fraternel. Un excellent début de série à lire dès 13 ans !



samedi 21 janvier 2017

Inauguration d'une nouvelle catégorie avec Une année à la campagne !

L'année 2017 est riche en projets et nouveautés chez nous ! En plus du classique du mois, retrouvez une nouvelle rubrique : le fond de la bibliothèque !

Un rendez-vous sans prise de tête, au gré des envies et des coups de cœur qui vous permettra de découvrir des livres qui ne sont pas forcément récents mais qui ont tant à offrir !





Pour inaugurer cette catégorie, voici Une année à la campagne de Sue Hubbell, publié aux éditions Folio. (7.20 euros).

Ancienne bibliothécaire décidée à fuir la civilisation et son stress, Sue Hubbell est devenue apicultrice et vit dans une ferme isolée au cœur des Monts Ozark dans le Missouri.

Au fil des saisons elle nous raconte avec amour son métier et la vie des abeilles, ses amies qu'elle a appris à connaître intimement. Entre bricolage et récoltes, son quotidien est aussi rythmé par le climat franc du Missouri (chaleur torride en été, neige en hiver) et les événements qui organisent la vie locale: barbecues, pétitions pour empêcher la construction d'un barrage, baignades dans la rivière...

Elle nous parle aussi de ses plus proches voisins: tous les animaux sauvages et familiers qui l'entourent comme ses chiens et son chat mais aussi les abeilles, les oiseaux, d'espèces variées les papillons de nuit, les lynx, les araignées... Avec délicatesse et poésie, elle nous raconte des anecdotes très inattendues sur la faune et la flore qu'elle observe depuis plusieurs années et qui ont fini par lui livrer tous leurs secrets.

Ce livre nous fait découvrir une Amérique profonde et sauvage, une nature brute dans laquelle les Homme ont du apprendre à vivre. C'est aussi le quotidien d'une femme seule qui a dû de son côté apprendre à se débrouiller seule, sans homme pour l'épauler dans le bricolage ou le maniement de la tronçonneuse indispensable !

Ce très beau récit vous apportera le bol de nature dont nous avons tous tant besoin !