mercredi 5 octobre 2016

Coup de coeur : Imagination au pouvoir


Les éditions Sarbacane ont le don pour nous présenter des albums de grandes tailles, aux chouettes illustrations, adaptation de roman ou non. Le petit nouveau arrive à point nommé pour la rentrée puisqu'il se passe dans une école ! Ôde à l'imagination, Le royaume de Minuit de Max Ducos fait également écho à un certain Max et les Maximonstres...

Achille va à l'école des Bois Profonds et c'est le spécialistes des bêtises. Un soir, il se retrouve enfermé à l'intérieur de l'établissement. Va-t-il céder à la panique ? S'endormir jusqu'au lendemain ? Bien sûr que non, il préfère et de loin devenir le roi Achille 1er et partir à la conquête de son royaume ! Et comme bon roi qui se respecte il ne part pas seul au combat puisqu'il se découvre rapidement un premier ministre et un lion de garde !



Baignées de lumière ou dans la pénombre de la nuit, les illustrations de pleine page sont comme d'habitude avec Max Ducos, impressionnantes ! Le personnage d'Achille est typique du trublion plein de faiblesses qui trouve grâce à nos yeux et qui nous donne envie d'avoir six ans à nouveau et de s'en faire un compagnon de jeux !



Le Royaume de Minuit de Max Ducos aux éditions Sarbacane - 16,50€ - dès 6 six ans

mardi 27 septembre 2016

Désorientale


Entre passé et présent, la narratrice raconte son enfance trouble en Iran et son exil. A travers les histoires et mythes de sa famille, à l'époque du harem de son arrière-grand-père ou la jeunesse de ses parents, c'est toute une culture que l'auteure nous fait découvrir avec délice. Mais ce sont aussi les bouleversements qui ont transformé le pays à jamais qu'elle évoque à travers ses yeux de petite fille. 

Ce premier roman, largement autobiographique, se lit avec fascination. Il parle de l'Iran mais aussi de la France d'aujourd'hui, du besoin d'oublier le passé trop lourd mais pourtant de l'impossibilité de se couper de ses racines.

Un récit très fort qui ne vous laissera pas indifférent. 



Négar Djavadi naît en Iran en 1969 dans une famille d’intellectuels opposants au Shah puis à Khomeiny. Elle a onze ans lorsqu’elle arrive clandestinement en France. Diplômée de l’INSAS, une école de cinéma bruxelloise, elle travaille plusieurs années derrière la caméra avant de se consacrer à l’écriture de scénarios. Elle vit à Paris. Désorientale est son premier roman. 
 
 Biographie tirée du site de l'éditeur Liana Levi. 

Désorientale , Chez Liana Levi - 22€ 

jeudi 22 septembre 2016

Coup de cœur : The girls, couverture énigmatique et récit à la hauteur !

La rentrée littéraire se déguste la plupart du temps en deux parties : les nouveautés de nos auteurs fétiches, et les premiers romans. The girls appartient à la deuxième catégorie, mais pourra passer dans la première dès la prochaine publication de l'auteure !

Dès les premières lignes, Emma Cline nous emporte. Une femme seule dans une maison distingue des voix à l'extérieur. Ce ne sera rien de grave mais cela la ramène à sa propre histoire : Evie a grandi au nord de la Californie à la fin des années 1950. En 1969 elle a quatorze ans et son existence est semblable à celle de toutes les adolescentes de cette époque. Jusqu'au jour où elle aperçoit pour la première fois, au détour d'une supérette, trois jeunes filles fouillant les poubelles. Trois sauvageonnes aux vêtements tâchés, déchirés et aux cheveux longs. Belles, pourtant.

Quelques temps plus tard, Evie recroise l'une d'entre elles, Suzanne, et une timide amitié, basée sur l'admiration d'Evie prend forme. Suzanne habite en communauté, dans un ranch non loin d'ici. Elle va faire découvrir son monde sa nouvelle amie et celle-ci n'en sortira pas indemne. En proie aux conflits familiaux, notamment avec sa mère divorcée, Evie passe presque deux nuits sur trois au ranch et découvre l'indépendance. Plus important encore, elle rencontre Russel, meneur de tout ce petit monde. Russel, un musicien raté mais très persuasif, faisant fortement écho au tristement célèbre Charles Manson.

Le talent d'Emma Cline réside dans la poésie de ses phrases et sa capacité à relater les sentiments d'une adolescente perdue et influente. Un récit très cinématographique et puissant, au rythme ciselé. Les pages se tournent les unes après les autres et l'intensité de nos sentiments de lecteur ne cesse d'augmenter. Emma Cline est jeune, originaire de Californie tout comme son héroïne, et sans aucun doute à suivre avec beaucoup d'attention !


The girls, d'Emme Cline aux éditions La Table Ronde - 21€

mercredi 23 mars 2016

Coup de cœur : de l'humour à tous les étages !

Depuis quelques années, fleurissent les romans illustrés. Il faut dire qu'à partir de sept ans, c'est un excellent moyen de palier entre les albums ou les bandes dessinées et les romans pour les plus grands ! Il y a les classiques, comme Tom Gates ou le Journal d'un dégonflé, la collection des romans Witty, dernièrement, le brillantissime Par bonheur le lait... Et puis il y a la cabane à 13 étages d'Andy Griffiths et Terry Denton ! Publié aux éditions Bayard, il fera le bonheur de tous !


Terry & Andy sont deux vraies personnes : les auteurs de La cabane à 13 étages. Dans ce livre, Terry nous raconte leurs techniques de travail. Leur principale règle ? Ben... C'est de ne pas travailler. C'est vrai quoi, qui aurait envie de faire autre chose que de créer des bananes géantes, se gaver de chamallows ou jouer avec les requins ? Car il y en a des choses à faire entre les treize étages de la maison ! Quand M. Gros nez leur éditeur débarque à la cabane et réclame un roman pour hier après-midi, les deux compères n'ont plus le choix, il faut s'y mettre !

Des illustrations à foison, de l'humour décapant, et des idées loufoques, tous les ingrédients sont là ! 245 pages d'aventures qui, en prime apprennent la naissance et le parcours d'un livre jusqu'aux mains des enfants.


"Alors j'ai menti:
- Pas de problème, M. Gros Nez. Tout est sous contrôle. On vous l'envoie dès que possible.
- J'espère pour vous que "dès que possible", ça veut dire avant demain 17h !
- Ne vous inquiétez pas M. Gros Nez, lui ai-je promis, ce sera fait. Comptez sur nous.
- Mais..., a commencé Terry.
Alors j'ai coupé la communication pour qu'il ne mette pas M. Gros Nez encore plus en colère.
-Tu n'aurais pas dû lui promettre ça, m'a reproché Terry. J'ai beaucoup trop de trucs prévus d'ici là. Regarde ma liste : je suis surbooké !
1. Faire une bataille de polochons avec Andy.
2. Organiser l'anniv' des requins.
3. Travailler mon swing de golf.
4. Manger au moins 100 chamallows.
5.  Lisser les plumes du perroquet.
6. Me couper les ongles.
7. Taper Andy avec une boule de bowling.
8. Manger tout le chocolat de la maison.
9. Chatouiller le perroquet.
10. Dormir sur le toit."

mercredi 24 février 2016

Un, deux et trois imagiers pour les petits !

Aujourd'hui un article un peu spécial, puisque vous allez découvrir une sélection de trois imagiers pour les petits. L'imagier, c'est un très bon moyen d'initier les enfants au monde des livres. Il leur permet en plus d'apprendre du vocabulaire, de découvrir des choses qu'ils n'auront pas l'occasion de voir tout de suite et d’étoffer leur rapport à l'illustration. De toute les formes et de toutes les matières, il existe des imagiers pour tous les âges, même pour les adultes ! Voici trois de nos coups de cœur, tous cartonnés et de nationalités différentes !


Le premier ouvrage est de la française Sophie Adde, sorti en 2015 aux éditions du Buveur D'encre. Centré autour de la nature, ce livre suit le déroulement d'une année à travers les saisons. Il commence avec le printemps au cours duquel on découvre le lilas, les radis ou encore la mésange... On continue logiquement avec l'été, l'automne puis l'hiver. Les saisons débutent avec une illustration de double page, la saison est notée dans un encadré coloré, en bas à droite de la page. Ensuite, chaque double page est séparé en deux parties. A gauche, sur un fond en couleur, est noté un mot en écriture cursive. A droite, se trouve son illustration à l’acrylique sur un fond de collages. Frais et poétique, cet imagier utilise une palette  très développée de couleurs et les peintures réalistes permettent à l'enfant de bien comprendre ce qui est représenté. Une année, c'est partir en excursion à la campagne, tout en redécouvrant la nature morte.





Le deuxième ouvrage nous vient d'Angleterre. Premiers mots est de Jane Foster et vient de sortir chez Kimane. Le livre est carré, à la couverture épaisse, bien adaptée aux petits. Ce qui frappe immédiatement, ce sont ses illustrations aux couleurs vives et les traits épais des dessins. Ici, ils ne sont pas réalistes mais l'enfant pourra vite identifier des animaux familiers, des aliments de tous les jours ou encore des jouets. Les illustrations sont très graphiques : des traits aux zigzags en passant par les pois, il y a de quoi inventer beaucoup d'activités avec son enfant ! Premiers mots a également des frères : 1 2 3, Noir et blanc et Les couleurs, disponible chez le même éditeur !




Enfin, nous changeons de continent pour filer au Japon avec Tatsuhide Matsuoka qui nous offre Roule, publié chez L'école des loisirs. Cet imagier est encore différent puisqu'il se lit sur deux doubles pages. Sur la première, nous allons d'abord découvrir un animal que l'on retrouve sur la seconde... En train de rouler ! Ici ce que l'on adore, c'est les traits loufoques des animaux et des situations : je ne me lasse pas de voir un cloporte rouler (ce n'est quand même pas tous les jours !) ou une tortue qui peine à se relever ! Entre l'imagier et le livre d'histoire, Roule est plein d'humour et de tendresse.


Une année, de Sophie Adde aux éditions du Buveur d'encre - 15€
Premiers mots, de Jane Foster aux éditions Kimane - 7,95€
Roule, de Tatsuhide Matsuoka aux éditions École des loisirs - 6€























jeudi 18 février 2016

Coup de cœur : premier roman d'une pointure du cinéma

2016, joyeuse année pour les cinéphiles amateurs de littérature : David Cronenberg, illustre réalisateur, sort son premier roman. Consumés colle parfaitement à l’univers de ces films c'est-à-dire, pervers, critique, intelligent, etc.


Nous suivons Naomi et Nathan
, deux journalistes globe-trotters obsédés par la technologie. Amants dès qu'il le peuvent, ils entretiennent une relation à distance presque équilibrée. Jusqu'au jour où Naomi se passionne pour l'affaire du meurtre Arosteguy. Couple de philosophe français à la sexualité débridée, les Arosteguy sont les un peu les Sartre-Beauvoir d'aujourd'hui. A cette différence près : Célestine est retrouvée morte, mutilée dans leur appartement et c'est Aristide qui est accusé de meurtre et de cannibalisme. Naomi part à la recherche d'un Aristide énigmatique et ne sera pas déçue du voyage. Nathan lui, s'est envolé pour Budapest où il se penche sur les travaux de Zoltan Molnar, un chirurgien pratiquant désormais illégalement la médecine. Contre toute attente les deux affaires vont se croiser, faire sens ensemble et nous emmener bien plus loin que ce l'on aurait osé imaginé.

A 72 ans, David Cronenberg maîtrise la description, la profondeur de ses personnages et mène l'intrigue de
main de maître, comme on aurait pu s'en douter. Sciences et sciences humaines, sexe et technologie, nous retrouvons parfaitement son univers sans pour autant ressentir un déjà vu. Roman dérangeant et haletant, Consumés est un excellent roman, et fait désormais parti de nos coups de cœur !


Consumés, de David Cronenberg aux éditions Gallimard - 21€

jeudi 28 janvier 2016

Coup de cœur : il fait du bien de changer d'air

Je lis rarement de la littérature chinoise. Non pas que celle-ci me déplaise, au contraire, mais je tombe rarement sur des ouvrage qui, quand j'ai le temps de les lire, me tentent. Lorsque Pékin Pirate est arrivé à la librairie le 7 janvier, je connaissais déjà le résumé et je me suis empressé de le commencer. Il s'agit d'un texte paru pour la première fois en Chine en 2008 et ce sont les éditions Philippe Rey qui nous permettent de découvrir ce fantastique texte.

Zu Zechen nous offre le portrait de DunHuang, sortant de prison après trois mois enfermement pour
vente de faux papiers. Le jeune homme n'a rien et ne peut décemment pas retourner à son ancien emploi. Au cours de ses déambulations, il rencontre vite Xia, une vendeuse de DVD à la sauvette. Ni une ni deux, il se lance dans ce commerce (illégal lui aussi). 

Voici donc le point de départ. Malgré les coups durs, DunHuang se laisse rarement démonter et apprend rapidement à se remettre en selle. Dans un Pékin contemporain, Zu Zechen nous fait découvrir la précarité sous un autre angle : les jeunes gens en situations difficiles se cultivent, essaient de s'entraider, de se reconstruire... Pékin pirate peut se lire d'une traite, ce que j'ai fait et adoré, ou peut s'apprécier en petites chroniques de la vie quotidienne, toujours rythmée par des tempêtes de lœss.