lundi 22 juin 2015

Coup de coeur : De la magie... Haute en couleurs !

Vous connaissez peut-être Olivier Gay pour sa série policière adulte : Les mannequins ne sont pas des filles modèles. Découvrez aujourd'hui (si ce n'est pas déjà fait !) sa série ado : Le noir est ma couleur. Cinq tomes au total, de la magie et de l'amour. L'évasion, le quatrième volume vient de sortir et il est temps de vous parler des aventures d'Alex et Manon.


Tout commence dans le quatorzième arrondissement, avec des personnalités à priori ordinaires en classe de seconde : Manon l'intello et Alex, le bad boy. Vient ensuite un pari : Alex clame à ses amis pouvoir séduire Manon et lui sortir la tête des manuels scolaires. Très vite, Alex commence à se poser des questions. Il découvre rapidement que Manon possède des pouvoirs magiques ! De son côté, Manon essaie de concilier ses pouvoirs censés rester secrets aux yeux des "humains", sa meilleure amie obsédée par l'intérêt que lui porte Alexandre, sa famille, des forces maléfiques... Ceci n'est que le premier tome !

Le monde magique de Manon et de sa famille est complet et original (rien ne sera expliqué ici afin de ne pas trop en dévoiler...), les deux héros sont rapidement attachants et l'intrigue bien construite. Très vite entraîné par l'histoire, il est presque impossible de lâcher le livre avant la fin : la plupart des tomes se terminant en horrible cliffhanger, repousser la lecture du tome suivant est également un supplice ! Olivier Gay trouve le parfait compromis entre humour, romance et action, donnant à la série un élan sans cesse renouvelé. Le cinquième et dernier tome sort en 2016... On piétine déjà !! Une série à aduler dès 13 ans.


 
Le trailer vidéo de la série !

Le noir est ma couleur, 4 tomes disponible d'Olivier Gay aux éditions Rageot, 11,90€

mercredi 3 juin 2015

Jacques Brel a dit : "tous les enfants sont des sorciers !"

Le nom de Rémi Saillard vous parle-t-il ? Mais siiii, il s'agit de l'illustrateur (entre autres) du fantastique feuilleton de Thésée paru chez Bayard jeunesse ! Il y a déjà plus d'un mois déjà, il revenait pour le Grimoire magique, une pépite réalisé en collaboration avec Marjolaine Tourtet, une magicienne professionnelle pour enfants. Prêts à découvrir tous leurs secrets ?!

Tout d'abord les sorts, vingt au total, sont divisés en trois chapitres : sortilèges de jade, sortilèges de rubis et sortilèges d'améthyste. Sont ensuite présentés les personnages qui nous accompagneront au long du livre : la sorcière Marjolaine, Battie la chauve-souris, Balthazar le lézard et pleins d'autres ! Et enfin... Les sortilèges ! 

Tour de cartes, expériences scientimagiques ou prouesses élastiques, le Grimoire magique regroupe toutes sortes de sortilèges aussi divers que faciles à réaliser. Les accessoires sont tous à portée de mains : bouteilles d'eau, feuilles de papier journal, trombones, chaises, etc. et la difficulté est indiquée.

A la fin de l'ouvrage, une série de carte est à découper, elles seront utiles pour certains sortilèges. Des outils indispensables à un bon magicien sont également proposés : comment trouver sa pierre magique, fabriquer sa baguette ainsi qu'une boîte de rangement.

Tous ces sorts ont déjà été testés et approuvés par des enfants. Il sont sympas et accessibles, très bien expliqués et illustrés, avec des niveaux de difficultés différents... On dirait bien que nous avons ici affaire à un livre parfait pour débuter ! Dès 9 ans

Le grimoire magique, de Marjolaine Tourtet & Rémi Saillard, aux éditions de la martinière jeunnesse - 14,5€

vendredi 29 mai 2015

Sorcières : mythe ou histoire ?

 
Teaser du roman en vidéo ! 

Le procès des sorcières de Salem fait partie intégrante de l'histoire des États-Unis. Il a eu lieu au XVIIIème siècle mais encore aujourd'hui, il fascine. Preuve en est, une série est dédiée à cet univers (Salem, 2014 de Brannon Braga), plusieurs films (The lords of Salem, 2012 de Rob Zombie) et bien sûr, de nombreux livres (Salem, 1975 de Stephen King notamment).
Katerine Howe a vu traduire son roman sur le sujet, Conversion aux éditions Albin Michel le mois dernier. Elle-même descendante directe d'une sorcière jugée au procès, elle parle en connaissance de cause.

L'action, inspirée de faits réels se situe dans le lycée privé pour jeunes filles de St Joan, dans la ville de Danvers (nouveau nom pour Salem). Colleen y est élève et nous relate les faits ayant eu lieu au cours de l'année 2012. C'est un mercredi que tout commence : au milieu d'un cours d'histoire, Clara, admirée par toute l'école, est prise de furieuses convulsions. La jeune fille est immédiatement envoyée à l'infirmerie, puis chez elle où elle restera plusieurs semaines. L'affaire peine à  être oubliée et pire, se reproduit rapidement sur de nombreuses élèves. L'école nie d'abord toute responsabilité en reportant la faute sur un vaccin et au fur et à mesure, les médias s’intéressent à l'affaire, puis les militants...
Au milieu de tout ça, Colleen essaie de passer meilleure élève, de sortir avec le garçon qui l’intéresse, de s'occuper de ses amies et surtout de découvrir le lien entre cette affaire, et la pièce de théâtre Salem d'Arthur Miller, étudiée en classe.

Parallèlement, nous suivons le témoigne d'Ann, une jeune fille de 1706, qui raconte tous les événements qui ont conduit au terrible procès de Salem.


Un roman qui se révèle vite prenant, dont l'issue n'est pas forcément celle à laquelle on s'attend, drôle et tragique, qui se lit sans y penser. En revanche interrompre sa lecture...
Dès 14 ans.


Conversion de Katerine Howe aux éditions Albin Michel - 18€

samedi 2 mai 2015

Les héros oubliés : une nouvelle série sort de l'ombre

J'ai découvert Gaël Aymon avec Oublier Camille (roman ado, coup de cœur immédiat) également paru aux éditions Actes Sud. Une écriture vive et épurée pour des sujets plutôt réalistes jusque là, hors albums pour enfants. Aujourd'hui, nous parlons de Aux portes l'oubli (sorti en mars dernier) le premier tome de la première série de l'auteur, Les héros de l'oubli. La lecture est toujours aussi agréable et l'univers fantastique est bien développé.

Romain voulait en finir au plus vite. Être responsable d'une grande et importante mission depuis son plus jeune âge n'est pas de tout repos. Mais il aura bientôt 14 ans et tout ça restera derrière lui "car après il n'y croira plus". Pourtant, lorsque que le garçon s'installe chez son parrain pour les vacances sur l'île de Pyborrhée, le mystère s'installe très vite.
Cette fameuse mission consiste à apprendre et connaître tous les mythes, héros et personnages historiques afin de ne pas les laisser tomber dans l'oubli. Une dernière épreuve, dont le jeune homme ne connaît rien, l'attend puis après la célébration de son anniversaire il pourra tout laisser derrière lui.

De notre côté, nous en sommes au même point que Romain : après quelques questions sans réponses, on plonge dans l'action sans s'en apercevoir et tout s'explique petit à petit. Dans cette quête magistrale, les personnages sont attachants et se révèlent souvent bien différents de ce qu'ils semblent aux premiers abords.

Alors que Peter Pan garde les enfants perdus et tente de se faire oublier du monde des adultes, Romain lui fait tout pour ne pas laisser les mythes tomber dans l'oubli. Accompagné ou attaqué par de nombreuses créatures magiques, plus ou moins connues (Lancelot, le cheval Bayard, etc.) Romain et ses compagnons vont tout faire pour sauver leur île, et surtout leur peau.

Un chouette roman d'aventure, dont on attend le tome 2, annoncé le mois d'octobre, avec impatience ! Dès 12 ans.

Le site internet de l'auteur :

Les héros oubliés, Tome 1 aux portes de l'oubli
de Gaël Aymon aux éditions Actes Sud - 12,5€

vendredi 24 avril 2015

Coup de coeur : Une nouvelle (bien)venue dans le monde de la bande dessinée !

L'auteure du jour s'appelle Léa Mazé, n'est âgée que de 24 ans et Nora est sa première bande dessinée.
Elle raconte l'histoire de Nora, environ dix ans qui, quand elle ne se sent pas en sécurité, ne parle pas. Lorsque ses parents déménagent, elle la confie à son oncle le temps de défaire les cartons. Débarquant à la ferme, elle ne se risque pas à prononcer un mot... Sauf peut-être à Minette, la petite chatte. Jusqu’au moment où une question la taraude : pourquoi la vieille femme d'à côté est-elle toujours toute seule ? Nora, curieuse et inventive va enquêter, chercher, fouiner, pour trouver une explication valable au terme de "vieille fille". Ainsi, l'été 1975 est celui où Nora découvre beaucoup de choses : l'amour, la guerre, la mort, la solitude. Plein de sentiments effrayants que Nora apprend à apprivoiser, grâce à son oncle, son imagination et à la nature.

Le dessin est crayonné et les couleurs sépia, les personnages sont attachants, Nora est une histoire à lire pendant vos vacances ou non, que vous ayez dix ans ou non, ce qui est important, c'est d'avoir envie de découvrir une chouette histoire. Là où l'adulte pourra se souvenir de ces propres vacances à la campagne, l'enfant pourra enfin répondre à quelques unes de ces grandes interrogations !

Drôle et émouvant, Nora a le parfum de l'été, le vrai, lorsque l'on passe de longs moments à flâner et à prendre le soleil... À partir de 9 ans.



"-Bon. Toujours le même cinéma. Il faut de battre pour l'emmener quelque part, et après elle ne veut plus partir !
-Heu... Non, je crois qu'elle est triste à cause d'autre chose...
-Ah bon ? Qu'est ce qu'il y a ?"


 Le très chouette blog de Léa Mazé, créatrice de bijoux à ses heures perdues : http://betisesnbook.blogspot.fr






Nora, de Léa Mazé
Aux éditions de La Gouttière - 16€
 

mercredi 15 avril 2015

Eroica : un héros tombé au combat

En ce mois d'avril ensoleillé, Charles Dantzig lance une collection. Elle s'intitule Le Courage et publie quatre livres par an dont une revue. Celle-ci a le format d'un livre et est à lire comme "un essai à plusieurs auteurs". Elle comporte des nouvelles, des poèmes et même un récit en images de Christophe Honoré. Internationale, avec des textes étrangers publiés avec et sans traduction, cette revue est une façon "d'ouvrir un monde de plus en plus français".

Voici une vidéo qui vous permettra d'entendre une présentation de vive voix :



En plus de cette parution il y a pour le moment deux titres : Si je m'écorchais vif de Laurent Nunez et Eroica de Pierre Ducrozet. C'est de ce titre dont je vais vous parler. Simplement parce que je l'ai lu. Simplement parce qu'il parle de Jean-Michel Basquiat. Eroica est un roman qui raconte l'histoire de cet homme extraordinaire. Nombre d'entre vous le connaisse déjà sûrement : un jeune afro américain vivant dans les rues du Brooklyn des années 1980, devenant en en quelques années un artiste contemporain reconnu avec des œuvres se vendant à plusieurs milliers de dollars.

Malgré la notoriété de l'homme, avoir un bon livre à son sujet est toujours bon à prendre.

Notary


Cliquez sur l'image pour découvrir un livre pertinent sur l'art de Baquiat
C'est là que Pierre Ducrozet entre en jeu. Après un premier roman paru en 2010, Requiem pour Lola rouge, puis La vie qu'on voulait en 2013, il imagine aujourd'hui un roman fait de la vie de ce génie, constitué de faits réels et d'imaginaire. Une composition du texte déstructurée rend la lecture hypnotique et fait du récit un poème presque aussi puissant que son sujet. Jean-Michel Basquiat voulait avant tout être un héros. Il le fut, monta aussi haut que possible, y resta quelques temps et redescendit en flèche vers les abîmes à seulement 27 ans, torturé par la drogue, la peinture et ce que l'on attendait de lui.

En général je me méfie des romans biographiques, des factions comme les appelle Frédéric Beigbeder. Mais devant Basquiat je n'ai pas pu résister, j'ai plongé dans une lecture passionnée. On se doute que tout n'est pas vrai, et comme pour nous le rappeler Pierre Ducrozet fait appeler son héros Jay en permanence. Entre New-York, Hawaï et l'Italie des années 1980, le dépaysement est complet et on ressent parfaitement l'étouffement de la ville, l'apaisement du bruit des vagues etc. Lire Eroica, c'est se plonger dans la vie d'artiste, c'est tomber dans un puits sans fonds pour ensuite lever la tête vers le soleil. C'est passer du bon temps avec un texte bien écrit et un sujet fascinant. Simplement.



Jean Michel Basquiat & Keith Haring



mercredi 1 avril 2015

Où l'on comprends l'envegure de l'écosystème, notre rôle et notre devoir

Vous rappelez-vous du Monde de Sophie ? Ce roman philosophique date de 1991 et reste jusqu'à ce jour l'ouvrage le plus connu de Jostein Gaarder. Retraçant l'histoire de la philosophie, de façon concise et précise, Le monde de Sophie en offre une première approche riche et accessible dès l’adolescence. Depuis, Jostein Gaarder a publié d'autres romans, à destinations de la jeunesse ou des adultes.

Aujourd'hui, découvrez L'héritage d'Anna, une fable écologique hyper réaliste !

Anna est une jeune suédoise de quinze ans, fortement inquiétée par des questions environnementales. Si inquiète d'ailleurs qu'elle crée une fondation écologiste avec Jonas, son petit ami, sur les conseils de son psychiatre. La veille de son seizième anniversaire elle reçoit en cadeau une bague, héritage familial depuis des générations. Au cours de la nuit, elle fait un rêve étrange. Déjà familière de ce genre de rêves (d'où ses visites chez le psychiatre) Anna n'est pas surprise par le réalisme de ce songe, mais plutôt par son sujet : La voici en 2082, arrière-grand-mère d'une jeune Nova, vivant dans un monde dépouillé de toutes espèces animales exotiques, de prairies rayonnantes et de possibilités de transport motorisés. Un monde pas vraiment joyeux pour lequel Anna va se battre, entre autres grâce au bijou, dans sa réalité d'aujourd'hui.

A mi-chemin entre science-fiction (monde parallèle présent dans les rêves d'Anna) et pragmatisme (le réchauffement climatique existe!) L'héritage d'Anna est un livre précieux. La lecture est agréable et très instructive, pas seulement pour les adolescents : Nous sommes tous concernés en tant qu'être vivant et notre devoir en tant qu'être civilisé reste de protéger notre environnement.

Préserver la faune et la flore en voie de disparition peut paraître une pré occupation minime ou naïve, mais ça ne l'est en aucun cas. A partir du moment où l'on accepte le principe d'écosystème, d'équilibre et de respect de la nature, on comprend l'importance de l'écologie.

Un grand roman aux préoccupations réalistes, plein d'espoir malgré tout, à lire et à faire lire au plus grand nombre pour une vie plus en adéquation avec la planète que nous habitons et qui nous abrite.